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Je commencerai mon article par donner quelques antécédents sur la situation vénézuélienne: Au Vénézuela les entreprises ont été liées étroitement aux partis politiques traditionnels (Action Démocratique et le Copey) qui ont été au pouvoir à tour de rôle depuis 1958 jusqu'en 1998. Durant leurs mandats respectifs, les amis de ces deux partis politiques ont transféré 158 millions US dans des paradis fiscaux et aux États unis. Les fruits de la corruption et les affairistes politiques ont endetté le pays, même si le pays a reçu durant cette période plus de deux milliards de dollars (les fruits des pétrodollars). Durant cette même période ces deux partis politiques ont réussi à éliminer les lois qui protégeaient les droits des travailleurs, et à corrompre la société entière de haut en bas. De plus, ils s'assurèrent d'avoir la main mise sur les médias de communication du pays.
Mais, en 1998 les choses changèrent drastiquement au Vénézuela. Un ancien colonel de l'armée vénézuélienne se présenta aux élections et par la voie du mécontentement populaire face au système corrompu, fut élu à la présidence du pays fort d'un pourcentage de 60% des votes populaires. Le Colonel Chavez était le même colonel qui avait tenté, en 1992, de provoquer un coup d'État pour faire changer les choses dans le pays. Malheureusement pour lui, il fut emprisonné à l'époque et passa 4 ans dans les "luxueuses" prisons vénézuéliennes, desquelles il fut finalement libéré en 1996.
M. Chavez entre 1996 et 1998 entreprit de se former un parti politique le MVR (Mouvement pour la cinquième république) un parti de gauche, prévoyant notamment la redistribution des terres aux moins fortunés, se défaire du néolibéralisme pratiqué depuis de nombreuses décennies, s'attaquer à la corruption par tous les moyens possibles, ne plus emprunter à la Banque mondiale ni au FMI, se défaire du joug américain, diversifier l'économie, établir des prêts aux PME par le biais de la banque du peuple, faire payer aux riches et aux banques des impôts qu'elles n'avaient jamais payé auparavant et aussi aux propriétaires de grandes corporations (la Presse, notamment), certains propriétaires de journaux et de postes de télévision qui déclaraient faire des déficits qui s'avéraient faux, durent payer leurs impôts.
Vous vous imaginez bien ce que les politiques du gouvernement Chavez ont eu comme effet?
Le conseil du patronat et le syndicat de la CTV s'unirent en janvier pour faire une grève générale dans le pays. Chose qui n'eut aucun effet sur la politique interne du gouvernement vénézuélien car les pauvres appuient le gouvernement. Malgré tous les hauts faits du président, les journaux lui font mauvaise presse, allant jusqu'à faire une entrevue fictive avec le renommé Ignacio Ramonet, journaliste au Journal "Le monde diplomatique" qui, à son insu.... discréditait le président.
Ramonet, dès la parution de cette article dans le El nacional, à déclaré n'avoir jamais fait cette entrevue et se disait même en faveur du régime Chavez. C'est lui même qui déclarait lors d'une entrevue précédente "Au Venezuela, tous les gouvernements qui aient traditionnellement invoqué Bolivar ont, dans la réalité, très peu pratiqué sa doctrine et son idéologie. On se demande vraiment si quelque président que ce soit, avant Chavez, avait sérieusement lu Bolivar. Le Venezuela est aujourdÌhui un pays ruiné par la corruption des dernières décennies, quand, grâce au pétrole, le pays a reçu en réalité, comme tous le savent, l'équivalent de plusieurs plans Marshall. Cependant, sa population continue de vivre dans une grande pauvreté. 80% des Vénézuéliens vivent en bas du seuil de la pauvreté, 39% d'eux vivent dans une pauvreté extrême et la mortalité infantile est supérieure à 21 %. Voulant éliminer la corruption dans son pays, le Gouvernement Chavez a repris l'idée bolivarienne de rétablir et d'instaurer le Pouvoir Moral, rétablir l'éthique politique, l'éthique économique pour édifier un modèle de Gouvernement sous lequel l'exécutif, non seulement serait élu démocratiquement, mais gouvernerait effectivement de manière démocratique. Qu'exigent les citoyens d'aujourdÌhui? Non seulement que les gouvernants soient élus de manière démocratique, ce que veulent les citoyens d'aujourdÌhui c'est que les Gouvernants gouvernent démocratiquement. "
Hugo Chavez d'ailleurs s'est fait remarquer lors de l'événement de Québec 2001 sur la ZLEA. Étant le seul président présent à exiger que les droits humains soient inclus dans l'accord du ZLEA car il émettait certaines craintes sur l'interprétation du mot démocratie par les présidents présents au sommet.
Les hauts faits de Chavez, dans l'élaboration de la nouvelle constitution vénézuélienne, sont principalement d'avoir interdit la privatisation des organismes de l'état (comme par exemple le pétrole). Celui-ci a même veillé à ce que le droit des autochtones soientt maintenant dans la nouvelle constitution vénézuélienne et ceux-ci sont, de ce fait reconnus comme vénézuéliens à part entière.
Alors qu'avant l'élection de Chavez, les enfants pauvres ne pouvaient se permettre de fréquenter l'école en raison du fait que les parents ne pouvaient se permettre de payer l'habillement d'usage et les livres requis pour leur année scolaire, depuis 1998, grâce aux nouvelles politiques de Chavez, un million d'enfants supplémentaires ont eu droit à l'instruction gratuite. Les livres, cahiers, crayons et les vêtements sont fournis aux enfants des plus démunis, et ce, jusqu'au secondaire 5.
Malgré tout cela, le gouvernement américain a retiré du Vénézuela son ambassadeur en décembre dernier pour lui permettre d'assister à une session spéciale pour parler du cas Chavez, tout comme ils l'avaient fait avant de planifier la déroute d'Allende au Chili.
On se demande alors, qu'est-ce que Monsieur Bush mijote pour discréditer Chavez et avoir la main mise sur les entreprises pétrolifères au Vénézuéla, car ce rappel de l'ambassadeur américain s'est fait juste après que M. Chavez ait fait voter une loi interdisant la privatisation des entreprises pétrolifères vénézuéliennes...
Le journaliste Conn Halliman du San Francisco Examiner disait: "l'hostilité des États-Unis face aux efforts entrepris par le Vénézuela pour son développement social et économique a fait en sorte que celui-ci fut inclus dans "l'arc d'instabilité" de l'Amérique du Sud qui s'étend de Caracas, dans le Nord du continent, jusqu'à Buenos Aires dans le Sud du continent en plus d'y inclure la Colombie, l'Équateur, la Bolivie et le Pérou. Les fracassantes politiques économiques néolibérales jointes à la corruption et l'autoritarisme ont fait de la région un baril rempli d'explosifs comme le démontre les derniers événements survenus en Argentine. Et quel est l'antidote de l'administration Bush? Allumettes, déclarations incendiaires et manipulations qui se font en cachette."
Publié par Libertador de Conciencia le 30 mars 2002 à 06:58 PM
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