Le P.Q. et la piasse américaine

Durant le référendum de 1980, les souverainistes du P.Q. ont tellement souffert de l'argument de la non-viabilité économique d'un Québec souverain qu'ils ne pensent et ne parlent que d'économie depuis. C'est devenu une véritable obsession, au détriment d'un quelconque projet de société. Leur nouveau cheval de bataille est l'adoption du dollar US pour le Canada.

Lorsque Bernard Landry, Pauline Marois ou Gilles Duceppe parlent d'une monnaie commune aux Amériques, semblable à l'euro de l'Union Européenne, ils oublient de mentionner que les USA n'adopteraient pas une monnaie commune au continent, mais imposeraient plutôt la leur. Les économistes américains sont unanimes là-dessus. Et contrairement à l'Europe, où chaque pays possède une voix à la Banque Centrale Européenne, le Québec ne pourrait s'attendre à un siège à la Réserve Fédérale, puisque des états plus populeux n'y siègent pas présentement.

Il ne faut pas jouer l'autruche. Non seulement le gouvernement multiplie les exemptions de taxes et les subventions dissimulées afin d'attirer ces corporations chez nous, mais la majeure partie des investissements américains se font ici justement à cause du taux de change avantageux, qui se traduit pour eux par l'équivalent légal du cheap labor. Sinon, les méga-productions hollywoodiennes resteraient dans leurs studios de l'autre côté de la frontière pour tourner leurs films. GM, Life Savers et tous les autres regarderaient encore plus du côté du Mexique.

Quelque chose m'échappe dans la logique péquiste. Comment peut-on prétendre lutter pour la préservation d'une culture distincte et en même temps travailler à l'assimilation de cette culture?

Publié par Bob L'Aboyeur le 05 mars 2002 à 10:25 AM Commentaires (0)