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La situation argentine en 2001 est catastrophique: trois ans de récession, et l'application d'une politique néolibérale particulièrement agressive. En réalité, la décadence de l'Argentine a commencé sous la dictature (1976-1983) et a continué durant presque deux décennies entre les mains des différents gouvernements qui se sont succédés. Contrairement à l'idée proclamée par quelques secteurs, il n'y a pas eu de véritable rupture dans la politique économique après la dictature. Vu en perspective, dans les dernières décennies les gouvernements n'ont pas changé de manière significative la politique économique qu'avait les militaires puisqu'ils continuèrent à être dirigé par la classe dominante la même classe dominante qui dirigèrent l'Argentine de Videla jadis.
L'Argentine d'aujourd'hui comparée à celle des années 1940, 1950 et 1960 a changée fundamentalement. Elle a souffert d'une régression économique et aujourd'hui la majorité de la population argentine vit dans des conditions pires qu'il y a trente ans. Entre le comencement de la dictature (mars 1976) et l'année 2001, la dette s'est multipliée presque par 20, passant de moins de 8.000 millions de dollars à presque 160.000 millions. Durant cette même période, l'Argentine a remboursé environ 200.000 millions de dollars, enfin, presque 25 fois ce qu'elle devait en mars 1976.
Dette externe de l'Argentine (en millions de dollars)
Année..........Dette.................paiement ..............................(amortissement + intérêt)
1975..........7 875
1976..........8 280.................1 616
1977..........9 679.................1 849
1978..........12 496...............3 310
1979..........19 034...............2 255
1980..........27 072...............4 182
1981..........35 671...............5 390
1982..........43 634...............4 875
1983..........45 087...............6 804
1984..........46 903...............6 281
1985..........48 312...............6 208
1986..........52 449...............7 323
1987..........58 428...............6 244
1988..........58 834...............5 023
1989..........65 256...............4 357
1990..........62 730...............6 158
1991..........65 405...............5 419
1992..........68 937...............4 882
1993..........65 325...............5 860
1994..........75 760...............5 771
1995..........99 364...............8 889
1996..........111 934............13 054
1997..........130 828............18 308
1998..........144 050............21 573
1999..........147 881............25 723
Paiement entre 1976-2000 : 212 280 millions de dollars.
(*) Selon l' OCDE, à la fin de 1999, la dette extérieure totale de l'Argentine approchait 169 066 millions de dollars!!!! (OCDE, Statistiques de la dette extérieure, OCDE 2001, p. 20).
Source: World Bank, GDF 2000 et 2001; BCRA et calculs de l'auteur.
Argentine: endettement et dictature militaire
La période où la dette de l'Argentine a explosé correspond à la période de la dictature militaire du général Videla (1976-1981). La politique économique implantée par Martinez de Hoz (Ministre de l'économie de la dictature) à partir du 2 avril 1976 marque le commencement du processus de destruction de l'apareil productif du pays, créant les conditions pour une économie spéculative qui a dévasté le pays. La grande partie des prêts octroyés à la dictature provenaient des banques privées du Nord du continent. Ces mêmes banques comptaient sur l'appui inconditionnel des autorités américaines (Réserve fédérale et administration).
Les autres Argentins de la politique de l'endettement étaient le ministre de l'économie Martinez de Hoz et le secrétaire d'état pour la coordination et la programmation économique Guillermo Walter Klein. Le gouvernement de l'époque exigeait des entreprises publique argentines qu'elles empruntent des banques privées étrangères.
Les entreprises publiques, avec l'endettement, ont entraîné l'abandon d'une grande partie de la souveraineté nationale.
Évolution de la dette externe (en millions de dollars)
Année.........Dette totale.....augmentation
1976..........8 280.................5,14%
1977..........9 679...............16,9%
1978.........12 496...............29,1%
1979.........19 034...............52,32%
1980.........27 072...............42,23%
1981.........35 671...............31,76%
1982.........43 634...............22,32%
1983.........45 087.................3,33%
1984.........46 903.................4,02%
1985.........48 312.................3%
Source banque centrale de la République argentines p. 172.
Endettement forcé des entreprises publiques
Par exemple, l'entreprise publique argentine YPF (Yacimiento Petroliferos Fiscales) a été forcé de s'endetter à l'extérieur du pays, bien qu'elle disposait de recours suffisants pour assurer son propre développement. Avant le coups d'état du 24 Mars 1976, la dette externe de la YPF s'élevait à 372 millions de dollars. Sept ans plus tard, à la fin de la dictature, Cette dette s'élevait à 6.000 millions de dollars. La dette s'est multiplié par 16 en sept ans.
Presque tous les montants de cette dette en devise étrangère est allé dans les caisses de la dictature militaire de Videla. Sous la dictature, la productivité des travailleurs de la YPF a augmenté de 80%. Le personnel a été réduit de 47.000 à 34.000 travailleurs. La dictature, pour augmenter les entrées dans sa caisse, obligeait l'entreprise à lui verser la moitié des commissions qui allaient à YPF pour la vente de combustible. En plus, la YPF a été obligée de faire raffiner le pétrole qu'elle pompait chez les multinationales Shell et Esso, bien qu'elle était en mesure de le faire elle même.
L'état assume la dette des entreprises privées
Les entreprises privées argentines et les filiales argentines des multinationales étrangères ont été incitées aussi à s'endetter. La dette privée totale s'élève à plus de 14 000 millions de dollars. Figurent parmi les entreprises endettées les filiales argentines de sociétés internationales telles que Renault Argentina, Mercedes-Benz Argentina, Ford Motor Argentina, IBM Argentina, City Bank, First National Bank of Boston, Chase Manhattan Bank, Bank of America et Deustsche Bank.
L'état de l'Argentine a payée les créditeurs privé de ces entreprises: Renault Francia, Mercedez Benz, City Bank, Chase Manhattan Bank, Bank of America, First Nacional Bnak of Boston, Crédit Lyonnais, Deustsche Bank et la Société Générale.
Cette dette est illégitime. Comme les nouvelles dettes contractées depuis 1982-1983 ont servies essentiellement à rembourser les dettes antérieures contractées par ces mêmes compagnies, je crois que la dette externe qui afflige l'Argentine est illégitime. l'Argentine peut s'appuyer parfaitement sur le droit international pour justifier le non paiement de sa dette extérieure. Plusieurs arguments juridiques peuvent être invoqués, parmi lesquels il faut citer: la notion de dette odieuse (la dette argentine a été contractée par la dictature militaire coupable de crimes contre l'humanité. Les créditeurs ne peuvent alléguer ne pas avoir eu vent des ces faits alors même qu'ils prêtaient aux sociétés en question. Comme les autres pays endettés, l'Argentine a été confrontée à un changement brutal de la situation à cause de la décision d'augmenter les intérêts unilatéralement par les USA à partir de 1979.
Le contribuable argentin paie la dette contractée par les filiales des multinationales avec ses maisons-mère ou avec les banquiers internationaux. On peut suspecter que les multinationales en question ont crée une dette à ces filiales argentines pour une simple jeux de contrat. Les pouvoirs publics de l'Argentine n'ayant aucune manière de contrôler les dettes contractées par obligation et par nécessité.
Par la suite le gouvernement argentin décida de privatiser toutes les entreprises qui étaient publiques, mais avant de les privatiser, il a payé leurs dettes. Vous vous imaginez? Il faut cependant rappeler que Videla a renversé un gouvernement légitimement élu avec l'appui des USA lors du fameux plan condor. Le plan condor consistait à mettre des régimes militaires au Chili, en Argentine et en Uruguay pour combattre les terrorisme des forces de gauche.
Qui était le secrétaire d'état à l'époque? Henry Kissinger prix nobel de la paix, qui fût convoqué devant un juge français en mai dernier pour répondre sur des soit-disantes disparitions de citoyens d'origine française durant la dictature de Pinochet au Chili. Mais comme vous le savez bien, Henry Kissinger n'a pas eu l'audace de se présenter devant le juge et s'est sauvé dans la nuit en direction de NY. Soit dit en passant, Kissinger ne peut plus retourner en Europe à moins qu'il ne décide de justifier ses actes devant le juge français.
Pourquoi pas Adolf Hitler comme prix nobel de la paix? ou Charogne ? Ridicule.
Publié par Libertador de Conciencia le 10 avril 2002 à 03:43 PM
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