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Denise "Arid Extra Dry" Bombardier (celle qui s'ennuie du vouvoyement) signe un article dans le Devoir d'hier, intitulé "L'ère de la gentillesse". Elle s'appuye sur "le triste et déplorable épisode de la sortie de Charles Dutoit" (snif) pour énoncer une théorie selon laquelle la démocratie apporte un aspect négatif, celui du "droit à la gentillesse".
"Finie, semble-t-il, l'époque où les personnalités flamboyantes, talentueuses, charismatiques, à l'ego surdimensionné, pouvaient se déployer en bousculant les uns, semonçant les autres, pour en arriver à leurs fins, en général remarquables. [...] Force est de constater que les gens, dans leurs relations, n'acceptent plus des réflexes de classe ou même hiérarchiques."
Si les gens n'acceptent plus les réflexes de classe ou de hierarchie dans leurs relations, c'est une bonne nouvelle, réjouissons-nous! Mais il semble que l'égalité ne soit pas bienvenue par tous. Non contente de sous-entendre que les artistes méprisants sont les plus talentueux et que ce n'est qu'en bousculant les autres qu'on peut se surpasser et parvenir à l'Oeuvre, elle affirme que des politiciens comme Pierre-Elliot Trudeau ou René Lévesque ne pourraient survivre dans ce monde de "gentillesse" où les politiciens doivent jouer "copain-copain". Pourtant, Stéphane Dion est ministre. Et je ne qualifierais pas André Boisclair, Sylvain Simard ou Bernard Landry de particulièrement sympathiques. Elle puise ensuite dans l'histoire pour illustrer sa théorie selon laquelle ce sont les tyrans qui ont fait avancer l'humanité dans tous les domaines:
L'histoire nous a enseigné que les grandes réalisations humaines ont toujours été le fait de personnalités hors du commun, à la psychologie particulière, pour ne pas dire pathologique. Sans une tendance à la mégalomanie, l'homme n'aurait construit ni monuments ni cathédrales, n'aurait pas harnaché de rivières pour ériger des barrages ni fait voler d'aéronefs. Les inventeurs, les créateurs d'empires de toute sorte ont mobilisé les troupes nécessaires à la réalisation de leurs rêves fous. Ils ont souvent tyrannisé ceux sans lesquels ils ne seraient pas parvenus à leur but ultime.
C'est ben trop vrai! Sans esclaves, pas de pyramides, pas de muraille de Chine. Les syndiqués, c'est tout juste bons à fabriquer des stades olympiques! Sans génocide d'autochtones, pas d'Amérique. Et il ne s'agit que de quelques exemples parmi les innombrables réalisations de l'humanité... Que serions-nous devenus sans tous ces mégalomanes de l'histoire qui ont assouvi leurs ambitions en écrasant la majorité? Nous n'aurions même pas le prix Goncourt!
Rien de surprenant à ce que Denise Bombardier énonce des énormités (depuis le temps), mais que se passe-t'il au Devoir pour qu'on publie une telle éloge de la tyrannie?
Publié par Bob L'Aboyeur le 21 avril 2002 à 02:20 PM
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