Pour la légalisation des travailleuses du sexe

Ce problème est loin d'être nouveau. Pour la enième fois, les résidents du quartier Centre-Sud à Montréal partent "en guerre contre la prostitution". Je comprends bien évidemment le point de vue des résidents qui voyent leur vie de quartier polluée par des condoms et des seringues dans les parcs où jouent leurs enfants, les femmes qui ne peuvent sortir sur la rue sans être sollicitées, je comprends tout ça. J'ai déjà habité dans deux quartiers de Montréal où se pratique la prostitution, au coin Cartier et Ontario ainsi qu'au coin Ste-Élisabeth et Ste-Catherine. J'ai donc vécu cette problématique au quotidien. Mais je ne comprends pas les citoyen-nes du quartier qui s'en prennent aux prostituées. Ça me désole de voir ces gens mettre leur énergie à la mauvaise place. La prostitution est le "plus vieux métier du monde" et ne cessera pas. Pourquoi faire l'autruche? Ce qu'il faut blâmer, c'est la criminalisation de la prostitution qui oblige les travailleuses du sexe à offrir leurs faveurs (et à oeuvrer) directement sur la rue. M'est d'avis qu'il faut plutôt faire pression pour décriminaliser la prostitution si l'on désire véritablement régler le "problème".

Personnellement, je suis pour le retour des maisons closes. Il y avait de tels lieux dans le Red Light de Montréal jusque dans les années soixante, mais l'ancien patriarche Jean Drapeau les a tous fait fermer. Maintenant que l'époque a changée et que ce puritain de Drapeau n'est plus qu'un parc, pourquoi ne pas les ré-ouvrir? Ça règlerait plusieurs problèmes, comme la vie de quartier des résidents (plus de rôdeurs en bagnole, de capotes sur le trottoir et de seringues dans le parc), la sécurité des travailleuses du sexe (qui ne se feraient plus agresser par des hommes qui savent qu'elles peuvent difficilement porter plainte à la police) ainsi que l'hygiène des péripaticiennes (en imposant des critères hygiéniques stricts dans ces établissements pour éviter la propagation du SIDA et autres MTS dans la population). De plus, en légalisant la pratique, les différents groupes de motards criminalisés se verraient privé d'une large part de revenus. Il me semble que c'est à peu près la seule solution logique à appliquer au "problème".

La question n'est pas de savoir si nous sommes individuellement pour ou contre la prostitution. Elle a toujours existé et personne ne réussira à la faire disparaître. Alors, pourquoi ne pas trouver des façons plus saines et respectueuses de "gérer" cette question?

Publié par Bob L'Aboyeur le 26 avril 2002 à 12:53 PM Commentaires (8)