Une colombe est partie en voyage

Dire que certains le qualifiait de "colombe parmi les aigles" au sein du gouvernement de Doublevé. Après un détour interminable dans le plus grand nombre de pays possibles afin de laisser le temps à Tsahal de finir ses massacres, Colin Powell demeure bredouille mais continue d'affirmer que les rencontres effectuées depuis une semaine avec différents chefs d'états au Moyen-Orient s'avèrent "utiles et constructives". On se demande bien comment il peut en arriver à cette conclusion. Il faut dire que Monsieur Powell s'est empressé de visiter le lieu du dernier attentat-suicide à Jérusalem, tout en refusant l'offre qui lui a été faite de visiter le camp de Jénine. On comprends un peu mieux sa position diplomatique à la lueur de ce choix. Non seulement il n'est pas parvenu pas à arracher un accord de cessez-le-feu, ni à intimer aux Israéliens de se retirer, ni à calmer les tensions avec le Liban, mais de plus, lorsqu'Aryenne Charogne décide d'annoncer un échéancier pour le retrait de l'armée israélienne, ce n'est pas à Colin Powell qu'il en fait l'annonce, mais bien en entrevue avec Wolf Blitzer à CNN. Vive la diplomatie!

J'ai écouté cette entrevue en direct hier après-midi, entrevue sur laquelle se basent tous les médias pour parler du "retrait des troupes d'ici une semaine". Quelle propagande de guerre! Il faudrait peut-être rectifier les faits un peu concernant ce retrait supposément annoncé par Charogne. Tout d'abord, il demande qu'on lui laisse encore une semaine pour finir sa sale besogne de boucher et pour couvrir les traces de son armée, ce à quoi tous semblent vouloir accéder. Par contre, il a bien fait comprendre qu'il ne se retirerait de Bethléem qu'une fois le siège à l'Église de la Nativité terminé. Et qu'il ne se retirerait PAS de Ramallah. D'ailleurs, cet homme qui prétends mener une guerre contre les "terroristes" possède une bien étrange logique. Après avoir massacré tant et tant de civils, il offrait l'exil hier aux terroristes certifiés qui se sont réfugiés dans l'Église de la Nativité. Il leur donne sa parole qu'il les laissera partir sains et saufs. Voici l'extrait de l'entrevue:

BLITZER: Correct me if I'm wrong. What you're saying is there may be individuals inside that church who have committed acts of terrorism against Israelis, but you're going to let them go free and leave the country?

SHARON: Yes. There are two groups: those that got blood on their hands will never be able to return. Those that were members of terrorist organizations, we might consider in the future -- that will be a committee that will decide about their future. In any case, they have to leave the country.

BLITZER: But they will be allowed to leave freely? You won't go after them outside of Israel?

SHARON: No. No. When Israel -- Israel sticks to it commitments.

BLITZER: And this is an agreement you say you have with the U.S. government.

SHARON: Yes...

Examinons ensuite ce qui se passe lorsque l'armée se "retire" des villes assiégées. Les chars et soldats sortent de la ville, certes, mais prennent position plus loin pour encercler ces villes, coupant les routes d'une ville à l'autre en appellant ça des "zones tampons". Peut-on parler véritablement de retrait des troupes lorsque l'armée reste en stand-by, prête à intervenir sur demande? En fait, toutes ces villes deviendront des camps de réfugiés si Charogne a le dernier mot. Il ne fait que gagner du temps, en parlant de retrait et en continuant les incursions. Depuis son entrevue d'hier, l'armée ne s'est pas retirée mais a plutôt effectué des raids à Tulkarem et dans 3 quartiers de Jérusalem.

Pendant ce temps, Powell se vante de faire des progrès en concoctant une rencontre de paix où Arafat serait exclu, alors que les USA maintiennent qu'Arafat est "le seul interlocuteur valide du peuple palestinien". Encore un bel exemple du "doublespeak" américain. Et certains journalistes et membres d'ONG commencent à constater par eux-même l'ampleur du massacre qui a eu lieu dans le camp de Jénine. Les témoignages sont accablants. La première impression de la plupart des étrangers qui entrent dans le camp est "qu'on ne voit pas les cadavres de prime abord, mais qu'on les sent, leur odeur montant sous les débris de maisons démolies à coups de bulldozers par l'IDF".

À quoi ça sert d'avoir créé la Cour Pénale Internationale si Charogne n'y comparaît pas pour crime contre l'humanité? Et les dirigeants américains pour complicité?

Publié par Bob L'Aboyeur le 16 avril 2002 à 10:36 AM Commentaires (5)