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Le leader paysan Français José Bové a appuyé la réforme agraire implantée par le président vénézuélien Hugo Chavez. "Notre lutte n'est pas seulement une lutte internationale, mais aussi une lutte pour transformer la réalité dans les pays". C'est en ces mots que Bové s'est prononcé devant des milliers de personnes assistant à une réunion paysanne dans la ville de Maracay où il a analysé la Loi sur les terres.
"Globaliser la lutte pour globaliser l'espérance", s'est-il exclamé, en espagnol, devant des centaines de paysans venus de plusieurs états jusqu'à une hacienda dans la ville de San Francisco, à 150 km de Caracas.
Il est arrivé mardi de Paris. Bové a aussi assisté à un forum où étaient réunis des journalistes, le président Chavez et des organisations locales.
Il a incité les organisations sociales à dénoncer dans chaque pays la réalité qui est imposée par les États. "C'est ce qui s'est pasé en Argentine ou tous les gouvernants qui se sont succédés en se vendant au FMI".
Bové a marqué son appui à une loi polémique qui donne la permission à l'état de se réapproprier les terres non exploitées et à les remettre aux cultivateurs. L'opposition considère que cette loi contrevient au droit de propriété et exige son abolition, c'est d'ailleurs une des raisons qu'ils donnent pour sortir Chavez du pouvoir.
"Obliger les propriétaires à cultiver est un droit collectif fondamental du peuple Vénézuélien" a dit José Bové sous les applaudissements de la foule, en ajoutant que "Qui condamne la loi des terres, joue contre le pays".
Bové a ironisé devant le fait que son discours contre les multinationales , les États-Unis et les organismes internationaux lui ont fait valoir l'appellation de "terroriste global".
"Je m'enorgueillis de cette situation" a-t-il dit, "parce que je suis en bonne compagnie avec le président Chavez". Bové a critiqué le président George Bush pour sa récente décision d'augmenter les subsides de sa production agraire américaine. Il a dit que cette décision est une nouvelle démonstration du pouvoir hégémonique que les États-Unis veulent imposer.
"C'est un scandale" s'est-il exclamé en critiquant la politique agricole appliquée par Bush.
"Les États-Unis ne se contentent pas seulement d'envoyer des missiles et des bombes dans le monde entier. Ils ne se contentent pas de vouloir contrôler tout le pétrole de la planète, (maintenant) ils veulent la guerre économique pour le contrôle du marché international de l'alimentation" à t-il affirmé.
Bové a appelé les paysans vénézuéliens à se joindre aux mobilisations prévues pour le 8 juin devant les portes de la FAO à Rome, à l'endroit même où cet organisme réalisera son assemblée générale annuelle. Je les invite a envoyer une délégation à Rome pour dénoncer les politiques de subsides qui causent des préjudices aux autres pays et je demande au gouvernement Chavez d'exposer dans ce forum la défense de la souveraineté alimentaire.
-Quel est le motif de votre visite au Vénézuéla ?
-En premier lieu, je suis venu rencontrer le Président Chavez, spécialement pour discuter de question agraire. Mon objectif est de comprendre comment se traite le thême agricole et alimentaire au Vénézuéla. Le second objectif est d'entrer en contact avec les organisations paysannes et voir ce que nous pouvons faire ensemble.
-Est-ce que vous favorisez le protectionnisme? s'est-il fait demander.
-Non, mais l'on traite de ce qu'un pays ne soit pas obligé d'importer des produits qui détruisent l'environnement ainsi que l'agriculture. Spécialement lorsque l'on traite de pays qui subventionnent leur agriculture comme les États-Unis et l'Europe. Nous sommes pour la défense de la production locale.
-Quels sont les autres thêmes ?
-Le second est de permettre aux paysans d'accéder aux terres et d'avoir des garanties sur la possibilité de les travailler, sans risquer d'être expulsés. Le troisième est de promouvoir une Loi qui traite de développement agricole qui préserve la capacité de production pour les prochaines générations, c'est à dire qui ne détruit pas le milieu ambiant; c'est promouvoir une agriculture paysanne et non une agriculture industrielle.
Le quatrième élément est de maintenir les paysans qui représentent aujourd'hui 60% de la population active de la planète. L'équilibre géo-stratégique international nécessite de les maintenir dans leurs lieux de travail.
Le cinquième point est la défense de la biodiversité, de la lutte à la déforestation et de la lutte aux organismes génétiquement modifiés.
-De quoi avez vous parlé avec le président Chavez ?
Ca c'est bien passé, nous avons conversé durant des heures sur les thêmes agricoles et paysans. Sa volonté m'a impressionné, surtout sur le thême de la souveraineté alimentaire. Il m'a surpris surpris en affirmant que 70% des produits alimentaires consommés au Vénézuéla sont importés. Cela m'a paru choquant de voir qu'ils consomment de l'eau minérale française quand les ressources dans ce pays son immensément phénoménales. De plus, le vaste projet de souveraineté alimentaire s'inscrit dans un vaste projet de réadaptation du territoire, d'infrastructures routes-écoles, construction pour que les zones agricoles éloignées des grandes villes aient la capacité de se développer pour que les gens qui le désirent, puissent rester dans leur coin de pays.
-Que pensez vous de la Loi des terres ?
-La loi des terres s'inscrit dans cette logique, pour que les propriétaires terriens n'aient pas seulement qu'un titre de propriété, mais qu'ils aient aussi une fonction productive. Contrairement aux rumeurs que j'avais entendues en France ainsi que dans d'autres pays, ce n'est pas une Loi qui exproprie. Il n'y a pas de nationalisation des terres, il n'y a pas d'expropriation, mais plus une organisation qui permet que les terres soient productives à brève échéance et qu'elles ne restent pas là, sans rien produire. Il n'y a pas de nationalisation des terres et ce n'est pas un système centralisateur.
-Ils vous ont dit que cette loi est critiquée puisqu'elle n'a pas été discutée ouvertement et que cette loi ne respecte pas les intérêts des propriétaires ?
-J'ai écouté les critiques, mais il m'a paru que c'était des critiques à priori et non une réalité. La loi s'inscrit dans un projet de production, et non dans un projet idéologique qui dirait "je prend les terres à ceux qui en ont beaucoup et je les donne aux autres". Ce n'est pas ce qui est dans la Loi. Les propriétaires sont au contraire protégés, et quelques-uns pourraient se dire même surprotégés. Il n'y a pas de risques pour les propriétaires parce qu'on les oblige à ne pas laisser leurs terres improductives, même que cette Loi change les relations qui prévalent avec la terre.
-Mais les propriétaires disent que cette loi brime leurs droits.
-Si quelques-uns d'entre eux croient que cette Loi limite leurs pouvoirs ou leurs droits de propriétés, c'est qu'ils sont dans l'erreur. La terre agricole est là pour produire. Un propriétaire qui laisse sa terre sans l'exploiter dans un pays où l'on importe 70% de la consommation alimentaire, c'est quelqu'un qui va contre les intérêts collectifs du pays. Il n'y a pas de cohérence dans ce discours.
-En France aussi ils ont ces obligations ?
-Certainement. Premièrement, la moyenne de la grandeur des exploitations agricoles est de 45 à 50 hectares. Ceux qui ont le plus d'hectares ont environ 300 ou 400 hectares. En France nous avons des lois contre les terres improductives. Un propriétaire qui ne travaille pas sa terre doit la louer. Le président Chavez n'est pas en train d'inventer quelque chose, c'est tout à fait logique de protéger l'intérêt commun de sa propre population.
Ceci est un extrait de l'entrevue de M. Bové et d'un journaliste du journal le El Nacional au Vénézuéla.
La situation de M. Chavez au cours des derniers jours s'est déteriorée. Douze généraux des forces armées vénézuéliennes veulent sa démission et disent que s'il ne démissionne pas, il y aura une guerre civile entre les pro-Chavez et ceux qui sont contre ses politiques.
Certaines personnes ainsi que le groupe "primero justicia" envisagent de tuer le président ainsi que les membres des cercles bolivariens. C'est la situation dans ce pays. Espèrons que les choses se calmeront dans les prochaines semaines, mais nous pouvons déjà envisager le pire malheureusement, car la population appuie massivement son président et l'oligarchie locale veut prendre le pouvoir et éliminer cette fameuse constitution qui protège les plus démunis de la société.
Je n'ai qu'un seul mot pour le Vénézuéla. "Nous vaincrons ensemble compagnons", et depuis Ottawa et Vancouver, il existe des cercles bolivariens qui sont solidaires de votre lutte ainsi qu'avec tous les intellectuels crédibles qui vous appuient comme le sont le journaliste Ignacio Ramonet et le paysan français José Bové. Ensemble, nous espèrons qu'il nous sera possible un jour de réaliser le rêve qui hantait autrefois Simon Bolivar grâce à la force et à la détermination d'un grand homme comme Hugo Chavez.
Publié par Libertador de Conciencia le 20 mai 2002 à 04:07 PM
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