La chicane est dans ma cabane au Canada



Cette semaine, on a pu constater (en voyant Don Boudria en conférence de presse) que de l'eau peut parfois s'avérer très dure à avaler. Entre deux questions embarassantes, il prenait une gorgée de son verre et déglutissait péniblement. A-t'il eu une pensée pour Jane Stewart qui, comme lui, a écopé pour les embrouilles de son prédécesseur? Devant l'avalanche de questions déclenchées par le dépôt du rapport de la Vérificatrice Générale Sheila Fraser (qui conclut que la façon dont fûrent attribués et gérés les contrats à la firme Groupaction "broke just about every rule in the book"), Don Boudria a dû justifier le fonctionnement de son ministère et tenter de nous faire croire qu'un grand ménage a été fait depuis et que les règles d'attribution des contrats ont été resserrées. Me semble.

Presque simultanément, on apprenait que le même ministère avait payé 25 fois plus cher la page pour un publi-reportage sur Trudeau dans l'Almanach du Peuple que le gouvernement du Québec dans la même publication. Réponse officielle: Ce sont les prix du marché (se traduit par: on vous fait marcher). Nous n'avons pas négocié le prix (se traduit par: nous n'avons que mépris). Ils ont pourtant donné 68 000$ de notre argent en commission à la firme Groupaction pour négocier un prix. Encore un exemple du bon travail de la firme. Plutôt que d'admettre tout simplement l'erreur, Don Boudria tente de jeter le blâme sur le gouvernement du Québec qui a eu un prix anormalement bas selon lui. L'Almanach du Peuple serait-il à la solde des souverainistes?

Puis, parlant de Groupaction, l'excellent Bourque Newswatch dénonce le silence des médias qui négligent de mentionner que la firme sous enquête de la GRC n'est qu'une succursale d'une plus grosse firme de marketing, la firme J. Walter Thompson. Pendant qu'une de ses succursales est sous la surveillance des médias, personne ne fouille plus loin. JW Thompson pourra continuer à recevoir les contrats de propagande canadienne, peu importe les résultats de l'enquête criminelle qui se limite à Groupaction.

Puis, Jean "Pepper" Chrétien est sorti de son mutisme dans cette affaire pour défendre son programme de commandite. Il en justifie la nécessité par les résultats du référendum de 1995. Il proclame que ce programme a sauvé le Canada (ce à quoi le plus qu'intègre Stéphane Dion réponds qu'il s'agit de fausseté, qu'il n'a jamais vu un séparatiste changer d'idée à la vue d'une feuille d'érable). Notre Premier Sinistre affirme qu'il n'a pas l'intention de demander à Alfonso Gagliano de venir s'expliquer. Il refuse catégoriquement une enquête publique sur la gestion de son gouvernement. Dites-moi, comment l'institution soupçonnée de délit peut-elle décider si oui ou non elle sera sous enquête?

Une enquête de la GRC se limitant aux 3 rapports de Groupaction (qui rendra ses conclusions dans un an et demi, alors qu'un autre scandale politique occupera la une des médias) n'est pas suffisant. C'est le Parti Libéral en entier qu'il faut placer sous enquête. Et je ne vois pas pourquoi il faudrait leur demander la permission pour procéder. Demande-t'on aux Hell's de décider sur la tenue de leur propre enquête criminelle?

Publié par Bob L'Aboyeur le 11 mai 2002 à 10:41 AM Commentaires (0)