Un show de boucane

Depuis quelques jours, les Américains se réveillent et demandent une enquête publique sur les événements du 11 septembre, soit huit mois après le choc et au moins un pays bombardé par esprit de vengeance plus tard. Qu'est-ce qui les extirpe subitement du coma patriotique dans lequel les médias les ont plongés? La Maison Blanche avoue avoir été avertie au moins un mois à l'avance de la possibilité de détournements d'avions, ainsi que du "nombre anormal de ressortissants arabes prennant des cours de pilotage", mais n'a pas agi en conséquence. Les autorités se justifient en affirmant qu'ils savaient que des avions pouvaient être détournés, mais qu'ils ignoraient que ces derniers serviraient de "bombes volantes". Ils n'ont tout de même pas renforcé la sécurité autour des aéroports, ce qui aurait pu prévenir une partie du drame.

Répondant publiquement aux allégations pour la première fois en conférence de presse ce matin, Bush déclare: "Had I known that the enemy was going to use airplanes to kill on that fateful morning I would have done everything in my power to protect the American people". Pourtant, un simple détournement d'avion ne crée-t'il pas un risque pour les citoyens, même si l'avion ne s'écrase pas contre un gratte-ciel?

Cette fois-ci, l'administration Bush ne peut pas blâmer son prédécesseur, comme ils l'ont fait à maintes reprises par le passé. Il ressort de ces révélations que les mécanismes pour contrer le terrorisme étaient déjà en place, et que c'est l'inaction du gouvernement Bush II qui a mené à cette catastrophe. Donc, cette vague de restriction des libertés individuelles ne suit pas l'agenda de la lutte au terrorisme, mais bien l'étouffement de toute forme de dissidence politique contre l'impérialisme US.

Il semblerait aussi que le président Égyptien Hosni Mubarak a averti les Américains 12 jours avant que "quelque chose allait se passer". De plus, la chaïne NBC (qui est loin d'être un média de gauche) nous apprends maintenant que les plans militaires de l'attaque en Afghanistan ont été dévoilés le 9 septembre, soit deux jours avant les attentats. Ça commence à faire un peu trop de coïncidences. Tout semble indiquer qu'au minimum, les autorités ont décidé de ne pas intervenir pour empêcher l'attaque terroriste, puisque cela servait leurs buts. Au minimum.

Publié par Bob L'Aboyeur le 17 mai 2002 à 01:22 PM Commentaires (6)