Longue vie à l'Itinéraire

Pour faire suite au texte précédent de Bob, je vous refile ce texte de Cyberpresse:

LE MARCHÉ DU TRAVAIL AU QUÉBEC: DU JAMAIS VU DEPUIS 25 ANS
"Malgré les difficultés que traversent certains secteurs de pointe, le marché du travail connaît au Québec une ère de prospérité qui surpasse tout ce qu'on a pu voir au cours des 25 dernières années, selon la plus récente étude publiée par la Revue du nouveau marché du travail, du ministère québécois de l'Emploi et de la Solidarité sociale."

Fabuleux, n'est-ce pas? C'est ce qu'on appelle de la désinformation.

»re de prospérité? mon oeil... mon cul!
Voyons voir de plus près, jetons un cul d'oeil.

Pendant que le nombre de familles canadiennes augmentait de 6% au cours des années 90, en 1997, on comptait 5 222 000 familles (17,5% de la population) vivant dans la pauvreté, par rapport à 3 770 000 familles en 1990, une augmentation de 30%!

Les canadiens appartenant au 20% le plus pauvre de la population ont connu une chute drastique de 31% de leurs revenus depuis 1984. Le revenu personnel moyen a chuté de 7% dans les années 90.

Les Nations Unies, tout en observant que le nombre de banques alimentaires soit passé de 75 en 1984 à 625 en 1998, ont accusé le gouvernement fédéral et les provinces "d'avoir adopté des politiques...augmentant la pauvreté et le nombre de sans-abris parmi les groupes de la population les plus vulnérables pendant une période de grande croissance »conomique..."

Parmi les raisons pour lesquelles la pauvreté a augmenté au Canada, on peut compter les 15 ans de coupures budgétaires dans les services sociaux des gouvernements conservateur et libéral à Ottawa ainsi que le succès qu'a connu la campagne médiatique qui avait pour but de convaincre les Canadiens que nos programmes sociaux coûtaient trop cher et que si des personnes sont pauvres ou sans emploi, c'est leur faute.

Près de la moitié des familles à faible revenu ont un adulte qui travaille mais elles demeurent à faible revenu parce l'emploi est mal rémunéré ou l'adulte ne peut que dénicher des emplois temporaires ou à temps partiel. Entre 1975 et 1995, le revenu annuel des travailleurs à temps complet payés au salaire minimum a chuté de 25% à 30% dans presque toutes les provinces canadiennes. De tous ceux qui perdent leur emploi, moins de 40% recoivent des prestations d'assurance-emploi, comparativement à 80% il y a dix ans.

Si le Canada, à l'instar des autres pays membres de l'OCDE, avait dépensé, annuellement, le même pourcentage de son Produit Intérieur Brut pour les programmes sociaux, l'investissement supplémentaire aurait été de 40,8 milliards de dollars pour une année seulement! Chaque dollar supplémentaire investi pour éliminer la pauvreté chez les enfants pourraient nous faire économiser 7 $ en dépenses futures (soins de santé, services sociaux et services correctionnels).

Source: "Pay the Rent or Feed the Kids: The Tragedy and Disgrace of Poverty in Canada."
Auteur: Mel Hurtig
Éditeur: McClelland & Stewart

AUTRES CHIFFRES

Toute la création nette d'emplois entre 1989 (année de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange) et 1998 est constituée d'emplois précaires à temps partiel et d'emplois autonome.

Le fait d'avoir un emploi ne met pas toujours la personne à l'abri de la pauvreté: 26% des personnes célibataires pauvres de moins de 65 ans ont, en 1997, travaillé entre 49 et 52 semaines.

La plupart des personnes pauvres travaillent à temps complet ou à temps partiel: 79% des couples avec enfants, 50% des mères de familles monoparentales, 53% des femmes célibataires et 58% des hommes célibataires.

Au Canada, la moyenne des revenus d'emplois des parents de familles monoparentales avec un enfant travaillant au salaire minimum est inférieur de 7 500 $ au seuil de pauvreté reconnu par Statistiques Canada.

L'impôt sur le revenu payé par les familles les plus pauvres dans les années 90 a augmenté de 40% alors que l'impôt sur le revenu payé par les familles les plus riches n'a augmenté que de 4,7%.

En Colombie-Britannique, une étude a démontré qu'en 1990 moins de 1% des personnes assistées sociales de cette province ont été impliquées dans un cas de fraude liée à une demande de prestation d'aide sociale; La fraude à l'impôt sur le revenu représente 20% des dossiers traités.

Les dépenses dans les programmes sociaux canadiens n'ont contribué qu'à 6% de l'augmentation de la dette.

Source:

Combattre la pauvreté

Comme vous pouvez le constater, le marché du travail connait une ère de prospérité jamais vue au cours des 25 dernières années... Évidemment, nous pouvons remercier les ententes de libre-échange, la financiarisation de l'économie (la spéculation) et surtout tous nos gouvernements qui contribuent à notre bonheur. On dit que le PQ veut passer une loi anti-pauvreté. Comme on connait trop bien leur discours, une loi anti-pauvreté voudra dire, plus de libre-échange, plus de créations d'emplois et surtout plus de banques alimentaires et de groupes communautaires subventionnés qui mettrons un baume sur les vrais problèmes. Problèmes qui sont au départ causés par le libre-échange, les programmes de créations d'emplois et l'aide aux grandes entreprises etc. Belle novlangue, je dirais.

Et comme disait une publicité du PQ que l'on retrouvait dans le journal des sans-abris de Montréal, le journal L'Itinéraire:

Longue vie à L'Itinéraire!

Publié par Tartagnan le 10 juin 2002 à 03:53 PM Commentaires (4)