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Les politiciens américains, toujours aussi prompts à protéger les grandes vertus puritaines qui font de ce pays un exemple de droiture morale, partent en guerre contre les marionnettes séropositives. Passe encore que la version sud africaine de Sesame Street veuille introduire une nouvelle marionette porteuse du VIH dans ce pays où une personne sur neuf vit avec le virus. Mais de là à ce que ces émissions soient diffusées aux USA, il ne faudrait pas charrier, comme on dit. Car comme l'expliquent les politiciens signataires d'une lettre de protestation envoyée au diffuseur PBS, c'est bien d'apprendre la compassion aux jeunes, mais il y a un âge pour ça. Et tout le monde sait qu'au États, l'âge légal de la compassion est de 107 ans.
Parlant de compassion, on peut dire que le magazine Playboy en a eu dans son édition du mois d'août avec son numéro spécial "Women from Enron". En effet, dans le pays où les enfants apprennent (sans doute avec des marionnettes) qu'un bon capitaliste doit saisir toutes les occasions de faire du cash, la magazine qu'on ne lit que d'une seule main n'a pas hésité à faire appel aux plus belles ex-employées d'Enron qui se sont retrouvées dans la rue suite aux magouilles de leurs patrons. Et devinez quoi ? Ils remettent ça, cette fois-ci avec les femmes "remerciées" de chez WordCom et de chez Arthur Andersen, deux autres leaders de la fraude fiscale. Est-ce que notre chère Mel qui nous avait pondu ce doux poème sur son ex-employeur ("Fuck WordCom!", le 28.6.02 sur la Tribu) sera candidate ? En ce qui me concerne, je proposerais plutôt comme sanction à prendre contre les crosseurs professionnels à la tête de ces sociétés de les obliger à poser nus dans Business Week ou dans le Wall Street Journal. Si c'est vrai qu'ils n'ont rien à cacher (à part quelques bourrelets), qu'ils le prouvent !
Parlant de choses à cacher (admirez les enchaînements naturels entre les paragraphes...), il semble que notre bon gouvernement québécois en ait aussi quelques unes, comme la question des injustices chroniques qu'il cautionne et dont sont venues nous rappeler les affiches qu'a installées AbriBec dans les abribus de la Ville de Québec. Ce collectif d'artistes, qui veut soulever le débat sur les inégalités et les préjugés dont sont victimes un nombre croissant de nos concitoyens qui ne parviennent plus à "rejoindre les deux bouts", semble en effet avoir trouvé un moyen de déranger la quiétude de nos autorités. Leur bonne idée fut de parodier la campagne AGIR du gouvernement québécois en l'incitant à agir à la bonne place, au lieu de s'auto-encenser avec notre argent. En particulier en forçant les entreprises à prendre leur responsabilités sociales.
Car comme le dit si bien leur belle affiche (qu'on peut se procurer par leur site web): "Des patrons qui cherchent des abris fiscaux pour eux et qui refusent que le salaire minimum sorte de la pauvreté; des impôts qu'on réduit à coup de millards $ sans améliorer le revenu des personnes trop pauvres pour payer de l'impôt; des profits sans plafond et une sécurité de revenu sans plancher pour couvrir les besoins essentiels; C'EST-TU L'AVENIR QU'ON VEUT ?"
Publié par Yvon D. Ranger le 16 juillet 2002 à 10:29 AM
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