![]() |
![]() |
|

Nous savons tous depuis quelques temps que l'usine GM située à Boisbriand va définitivement fermer ses portes sous des prétextes de "manque de rentabilité" et de "baisses de ventes du modèle fabriqué à Boisbriand". C'est vrai qu'ils ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Seul ce modèle-ci établit des ventes record. Regardez leurs maigres profits pour l'année 2001... Comment survivre avec seulement des centaines de millions de dollars de profit? Pauvre General Motors! On devrait faire une levée de fonds pour les aider, ils en ont tellement besoin...
Alors que le syndicat des travailleurs de l'automobile mange dans la main du patronat pour négocier des primes de départ pour leurs membres prochainement licenciés, une faction de syndiqués irréductibles s'est jointe à Mario Cayer, employé de GM depuis 1978, afin de lancer un boycott pan-québécois des produits General Motors.
"En tant qu'employé, je suis fâché parce que, bientôt, moi et 1300 autres personnes du coin, on va perdre nos jobs. Mais dans le fond, ça, c'est notre problème à nous. Par contre, en tant que contribuable, je trouve que toute la population se fait passer tout un sapin par GM concernant ses emprunts aux gouvernements", dit Mario Cayer.
Il y a bien sûr tous ces emplois mis en cause, mais saviez-vous qu'en 1987 les gouvernements fédéraux et provinciaux ont accordé un prêt sans intérêt de 220 millions de dollars sur 30 ans à GM? Ce prêt devait servir à rénover l'usine et à conserver les 4000 emplois à Boisbriand. Puisque l'usine ne respecte pas ses engagements, on peut alors parler de "bris de contrat" entre nos gouvernements et le géant de l'automobile.
Maitenant que l'usine va fermer ses portes, personne ne semble préoccupé de récupérer ces millions, à part le groupe de Mario Cayer. Même en fermant son usine québécoise, la compagnie bénéficiera encore de ce prêt sans intérêt. Les représentants de GM au Canada ont refusé de rembourser ce prêt avant la fin du terme (dans 15 ans). Le porte-parole de GM au Canada a commenté l'initiative du boycott en ces termes:
"Tout ce qu'un boycottage ferait serait de faire mal au Québec et à ses concessionnaires. Déprécier publiquement le nom de GM n'aiderait en rien la croissance de l'industrie automobile du Québec".
De sa part, cette déclaration très "objective" n'est pas surprenante. Mais là où le bât blesse, c'est que plusieurs syndicats se sont dissociés de son appel au boycott, prétextant que "ça nuirait aux négociations des indemnités de départ" et que "ça nuirait aux syndiqués de l'automobile dans le reste du Canada". Même Buzz Hargrove qui brigue la chefferie du NPD refuse de lancer un boycott contre GM (tout un représentant de la gauche!).
Comme le dit si bien Mario Cayer, "cette cause n'est pas syndicale, mais bien sociale". Nous devrions tous nous sentir concernés, puisque ces millions de dollars viennent de nos deniers publics. Sur son site Mouvement Boycott GM, vous trouverez des lettres type à envoyer à différents députés et concessionnaires, ainsi qu'une mine d'informations sur le sujet...
La seule chose que ce site ne nous apprends pas est qu'en plus de toutes ses autres qualités, le General Motors est le plus gros exportateur d'équipement militaire du Canada...
Publié par Bob L'Aboyeur le 24 août 2002 à 10:36 AM
TrackBack
Commentaires (3)