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George W. Bush et sa bande de terroristes ne veulent rien savoir. Le sang coulera en Irak et les bénéfices nets des cies pétrolières et militaires ne s'en porteront que mieux. Depuis quelques temps on remarque que le PDG américain cherche à tout prix l'appuie des pays arabes et du Conseil de Sécurité de l'ONU pour légitimer et pour couvrir une éventuelle attaque anglo-américaine.
Mais comment les convaincre?
On sait que nos élites dominantes procèdent exactement de la même manière que les grands primates. On lèche de la botte en échange de faveurs, on fait du chantage en échange d'une promotion hiérarchique, on conclue des alliances pour préserver le pouvoir etc. Comme le cerveau humain n'est pas à la mode dans ces milieux où règne la loi de la jungle, nos élites se disent: aussi bien singer nos ancêtres.
Aussi bien singer papa Bush.
Le géniteur du président américain actuel sait exactement quoi faire pour convaincre les pays arabes ainsi que les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU. En 1990 papa Bush "avait réussi un véritable exploit" (Stéphan Bureau a parfois une grande bouche).
À cette époque, la rhétorique du président était exactement la même qu'aujourd'hui. "L'ONU se doit d'agir de façon responsable dans le cas de l'Irak." Le secrétaire d'État James Baker s'était alors donné comme mission de rencontrer tous les ministres des affaires étrangères de tous les pays membres du Conseil de Sécurité - c'est exactement ce que fait Colin Powell présentement - et avait réussi à les convaincre de voter en faveur de la résolution 678, laquelle prévoyait une attaque armée contre l'Irak. Note: étrange quand on apprend que cette forme de résolution - une attaque armée- n'a aucune base dans la charte de l'ONU.
Ceci est probablement une des histoires les plus honteuses dans l'histoire de l'ONU. Pour la première fois tout le Conseil de Sécurité a capitulé, abandonnant ainsi ses responsabilités légales, lesquelles consistent en la promotion de solutions pacifiques et diplomatiques dans le cas de conflits. Le 29 novembre 1990, les États-Unis obtenaient leur résolution.
Soudoyer les Pays Arabes
Mais avant de s'attaquer aux membres du Conseil de Sécurité, les États-Unis se devaient de convaincre les pays les plus influents de la région. C'est ici que la singerie mafieuse - ou diplomatie américaine - commence.
En 1990, l'Égypte était le pays le plus endetté de l'Afrique. Baker lui a offert une rançon de 14 milliards de dollars, et, comme par hasard, toute son opposition à la guerre s'est envolée.
La rançon destinée à la Syrie diffère quelque peu. Washington a donné le feu vert au président de l'époque, Hafez al-Assad, pour qu'il nettoie toute opposition venant de l'intérieur. Pour l'aider, on lui a fourni des armes pour une valeur estimée à 1 milliard de dollars.
Pour acheter l'Iran, le gouvernement américain a promis de ne plus faire obstacle à ses demandes de prêts bancaires auprès de la Banque Mondiale.
Le chantage auprès des pays membres du Conseil de Sécurité.
Soudoyer l'Union Soviétique était devenu une affaire urgente, puisque Moscou était alors à un cheveu de conclure une entente avec Saddam, laquelle lui aurait permis de s'extirper du Koweit de façon pacifique. On le sait, le gouvernement américain ne veut rien savoir du mot "paix". La paix, yeurk! c'est juste bon pour les fifs qui pensent. Le président Bush avait donc envoyé à Moscou le ministre des Affaires Étrangères de l'Arabie Saoudite, et ce dans le but d'offrir à Gorbachev une rançon d'un milliard de dollars. Gorbachev en avait grandement besoin avant l'hiver, son pays était en pleine décrépitude. Une fois le vote de Moscou acquis, les Américains lui ont offert 3 milliards de plus.
Les votes des membres non-permanents du Conseil de Sécurité n'étaient pas moins importants. On a offert au Zaïre un "pardon sur sa dette" ainsi que de l'équipement militaire en échange de quoi le Zaïre se devait de bâillonner le Conseil de Sécurité au moment des attaques. Le Zaïre était capable de la faire puisqu'à ce moment là, le Zaïre occupait la présidence du Conseil de Sécurité.
Et justement, au moment des attaques, Cuba, le Yémen et l'Inde ont demandé des rencontres d'urgence, mais ces demandes furent rejetées par la présidence, et ce même si cela contrevient à la Charte de l'ONU.
Dans toute cette histoire, seuls Cuba et le Yémen ont su tenir le coup. Par contre, dans les minutes qui ont suivi son rejet de la résolution, l'ambassadeur du Yémen s'est fait interpeller par un ambassadeur américain qui s'est approché et lui a dit, et ce devant tout le monde: " Ce vote pour le non sera le vote qui vous aura coûté le plus cher." Je vous le jure, quand un associé de la confrérie des singes parle, il ne faut surtout pas le prendre à la légère. Or, en moins de trois jours, le programme d'aide de 70 millions destinés au Yémen, un des pays les plus pauvres de la planète, n'était plus que de l'histoire ancienne. Soudainement, des problèmes avec le FMI et la Banque Mondiale sont apparus, et 800 000 travailleurs yémenites furent expulsés de l'Arabie Saoudite.
La férocité des attaques contre l'Irak a de loin dépassé le mandat de la résolution 678, laquelle ne permettait pas à ce que l'on détruise les infrastructures et l'économie de l'Irak. Quand les États-Unis ont exigé une autre résolution, cette fois pour exiger un blocus de l'Irak, deux pays membres nouvellement admis au Conseil de Sécurité furent menacés de possibles "conséquences économiques néfastes" dans l'éventualité d'un vote de rejet. On parle ici de l'Équateur et du Zimbabwe.
Au total, les punitions servies aux pays pauvres qui se sont opposés aux attaques furent sévères. Le Soudan, avec un peuple au bord de la famine, s'est vu refusé un chargement important d'aide alimentaire. Pour ce qui est de l'Arabie Saoudite, Amnistie Internationale avait alors publié un rapport qui dénoncait l'utilisation de la torture, et qui également dénoncait de nombreux cas de détentions arbitraires.
Dans les mois qui ont suivi les attaques, on rapportait quelques 200 000 morts.
L'embargo décrété par le Conseil de Sécurité et les bombardements répétés ont depuis causé des centaines de milliers de "dégâts collatéraux". De plus, 9600 soldats américains, qui ont participé aux attaques, sont décédés depuis suite à des maladies dont on ne connait pas semble-t-il la provenance.
Tous et toutes morts inutilement.
Je crois bien que la confrérie des grands singes de l'élite dominante ne sera pas d'accord avec moi. Ces morts auraient plutôt leur utilité:
"S'ils font la guerre, c'est qu'ils en ont une toute petite."
- Jean Leloup
Publié par Tartagnan le 19 septembre 2002 à 06:38 PM
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