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Après avoir tenté de porter à l'ONU son discours belliqueux et devant la lenteur démocratique de cet organisme de "palabres inefficaces", Doublevé s'impatiente, comme un taxeur dans une cour d'école qui cherche sa prochaine victime. C'est que la campagne présidentielle de 2004 approche à grands pas, et quoi de mieux qu'une bonne gué-guerre pour obscurcir tous les autres enjeux électoraux, embarassants pour l'équipe Bush. Il faut dire que le bilan de l'administration Bush n'est guère reluisant au niveau économique, écologique ou social, ce qui explique que leur discours focuse uniquement sur la "menace terroriste" invisible et omniprésente et à laquelle il faut répondre en priorité...
L'hypocrisie des arguments est ridicule. Comment ignorer que Saddam US Haïne fût armé et financé par les Américains, tout comme Ousama Ben Laden? Que Dick Cheney dénonce le régime irakien "sadique qui torture ses propres citoyens", ce qui ne l'a pourtant pas empêché de faire des affaires d'or avec ce régime par le biais de sa compagnie Halliburton? Qu'Israël n'a pas respecté quelques 248 résolutions de l'ONU sans même que les Américains menacent de quelque pressions que ce soit? Que Bush n'a rien à foutre de l'ONU, de la CPI, ou de tout autre forme d'organisation mondiale qui ne servirait pas ses desseins?
Alors que l'Irak affirme accepter le retour des inspecteurs de l'ONU de façon inconditionnelle, c'est maintenant les USA qui s'opposent à leur retour, démontrant ainsi qu'ils ne souhaitent qu'une chose: relancer l'économie américaine avec une industrie militaire florissante. Brandissant l'épouvantail de Saddam, Bush a déposé une demande de chèque en blanc au Congrès cette semaine afin de pouvoir utiliser la force quand bon lui semblera et pas seulement contre l'Irak, mais contre qui lui semblera bon. Demain, le Yémen, l'Iran, la Syrie?
Le document, intitulé "La Stratégie pour la sécurité nationale des États-Unis", explique la nouvelle vision de la doctrine militaire américaine: passer de la dissuasion pratiquée durant la guerre froide aux attaques préventives. Attaquer des pays de manière préventive, sur la seule bonne foi des Américains qui sont incapables de prouver leurs allégations? C'est une façon de promouvoir "la liberté, la justice et la démocratie" peut-être?
Il est clair que cette "guerre contre le terrorisme" sera un état perpétuel si le gouvernement Bush obtient tous ces pouvoirs supplémentaires. La Ministre de la Justice allemande a comparé la politique étrangère des États-Unis à celle des Nazis cette semaine, ce qui a soulevé un tollé de protestations. Il faut cependant avouer que la façon dont les Américains se servent du 11 septembre ressemble à l'usage que fîrent les Nazis de l'incendie criminel du Reichstag, baillonnant ainsi toute forme d'opposition sous des prétextes de "sécurité nationale".
Publié par Bob L'Aboyeur le 21 septembre 2002 à 02:40 PM
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