Rumsfeld : Un cowboy de la diplomatie

Afin de justifier l'imminente intervention militaire en Irak, le secrétaire américain à la Démence Donald Rumsfeld traite Saddam US Haïne de "boucher", affirmant qu'il "torture des gens, les tue lui-même". On voit bien la barbarie de Saddam versus celle de Bush, qui ne torture ni ne tue lui-même, mais envoye plutôt les ennemis du régime à Guantanamo, faire faire la job sale par ses soldats, ou encore donne la permission aux agents de la CIA en Afghanistan de commettre des "assassinats politiques". Ça c'est la façon "démocratique" d'opprimer.

Rumsfeld reproche également au "boucher" irakien d'avoir utilisé des armes chimiques. Pourtant, dans les années '80, sous le gouvernement Reagan, les autorités américaines détenaient des preuves quant à leur usage par l'Irak, alors en guerre contre l'Iran. Ça n'a pas empêché Reagan et Papa Bush (alors Vice-Président) d'aider personnellement et militairement Saddam, l'ami des USA à ce moment, puisque l'Iran était l'ennemi à abattre.

Donald Rumsfeld est drôlement mal placé pour parler des armes chimiques de l'Irak, puisqu'il a, en quelque sorte, été complice de l'usage de ces armes.

Toujours sous Reagan, le même Donald Rumsfeld faisait alors office d'envoyé spécial des USA auprès de Saddam, muni d'une lettre personnelle du président Reagan en poche qui offrait le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Irak ainsi que l'aide inconditionnelle des Américains, et ce malgré l'usage prouvé de gaz moutarde et autres armes chimiques contre les soldats iraniens. Les USA ont ainsi fourni argent, armes et renseignements à Saddam alors qu'il était sur le point de perdre la guerre, et l'émissaire Rumsfeld n'a jamais émis une seule réserve quant à l'appui de son pays à un régime utilisant des armes chimiques.

Que Reagan aie oublié ces faits n'est pas surprenant, il a une bonne raison, mais cet "oubli" de la part de Rumsfeld est un peu trop pratique. Quel journaliste osera lui rafraîchir la mémoire?

Publié par Bob L'Aboyeur le 28 septembre 2002 à 12:51 PM TrackBack Commentaires (0)