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Décidément, ça bouge du côté des images animées qui ont de quoi à dire ! Je me permet donc de bumper la dernière entrée de la Tribu par une autre chronique "cinéma engagé" qui paraîtra dans le Couac de novembre. Elle annonce la première télévisuelle de l'excellent Seeing is Believing, film sur l'activisme vidéo qui sera présenté dimanche prochain le 3 novembre sur la chaîne CBC à 22 h
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Et si les petites caméras vidéos domestiques pouvaient servir à autre chose quíà filmer nos dernières vacances ou le mariage du cousin ? Cíest par cette question que síouvre Seeing Is Believing, un film qui explore l'utilisation politique et sociale des caméscopes. Coréalisé par les canadiens Katerina Cizek et Peter Wintonick (ce dernier nous ayant donné, avec Mark Achbar, le puissant Manufacturing Consent : Noam Chomsky and the Media), ce documentaire montre comment un gadget technologique conçu pour divertir peut devenir une arme de guérilla pour de nombreux activistes et défenseurs des droits de l'homme.
Le film síarticule autour de líhistoire de Joey Lozano, un activiste vidéaste philippin, qui documente depuis plusieurs années les violations des droits humains des autochtones du sud des Philippines. On voit comment la seule présence de Joey et de sa caméra a permis díéviter des massacres et de faire connaître des pratiques environnementales scandaleuses. Finalement télédiffusées à la grandeur du pays, ses images ont dérangé et provoqué le débat. Mais elles níont pas empêché plusieurs assasinats sélectifs des membres de ce mouvement de réappropriation des terres ancestrales. Ou les auraient-elles même favorisé ? Toute arme a malheureusement un double tranchant. Ceux qui participent ici à des manifestions anti-capitalistes líauront sans doute noté en voyant tous ces flics tentant de cadrer convenablement la tête des organisateurs de la manif dans le viseur de leurs camérasÖ
Níempêche que depuis plus díune décennie, les caméscopes amateurs sont devenus les yeux du monde. Les images quíils captent témoignent des horreurs impunies et montre la terreur subie par des gens dont les grands média voudraient bien faire oublier líexistence. Et líavènement de la vidéo numérique avec son format mini-DV, depuis quelques années, rend possible non seulement la production díimages brutes, mais líexistence de véritables úuvres cinématographiques produites avec presque rien.
Cette démocratisation des images commence à faire des petits un peu partout dans le monde. Au Québec seulement, on ne compte plus les courts métrages militants tournés depuis le Sommet díavril 2001 et qui contribuent à pousser la réflexion amorcée lors de cet événement choc. On voit même apparaître de plus en plus de longs métrages, comme Ce níest quíun début, Zones Grises ou Le Gambit du Fou.
Dans les mains de cinéastes engagés confirmés, la mini-DV devient un outil qui permet de produire plus vite et à moindre coût. On nía quíà penser à »ve Lamont qui nous avait donné Méchant Job et qui vient de sortir líexcellent Squat ! qui montre si bien comment le pouvoir politique peut anéantir les projets autogérés qui remettent en question la logique de la propriété privée.
Sans parler du success story du mouvement Kino qui, sans être explicitement militant, fonctionne sur une base non-hiérarchique et auto-organisationnelle favorisant líéchange et la responsabilisation des individus. Et du collectif les Lucioles qui vient de voir le jour.
Les rois du monde et leurs flics ont beau síadapter pour étouffer les nouveaux contre-pouvoirs, il est bon de penser quíils en auront plein les bras avec les activistes vidéosÖ
Publié par Yvon D. Ranger le 29 octobre 2002 à 11:47 PM
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