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Depuis que le sniper a pris le contrôle des médias américains il y a trois semaines, nous entendons moins les échos de la guerre que le Président Doublevé prépare contre l'Iraq. Même si le support pour ce Desert Storm II semble faible présentement, il est bon de se rappeller la façon de procéder des "vendeurs de guerre" afin de ne pas se laisser berner par leur propagande lorsqu'ils tenteront, à nouveau, de nous saddamiser.
Après l'invasion du Koweït par l'Iraq en 1990, le très démocratique gouvernement koweïtien finança plus de 20 compagnies de relations publiques américaines, le but évident étant de motiver l'opinion publique à intervenir militairement en leur faveur. Près de 12 millions de dollars US ont été investi en moins de 6 mois aux États-Unis, par une organisation s'appellant les "Citoyens pour un Koweït Libre". Cette organisation n'était en fait qu'une façade des émirs koweïtiens et du gouvernement américain travaillant en conjoncture pour "vendre la guerre".
Les "Citoyens pour un Koweït Libre" ont versé des millions de dollars à la firme Hill & Knowlton, la plus grosse firme mondiale de relations publiques à l'époque. On sait aujourd'hui que Hill & Knowlton a fabriqué des centaines de faux témoignages pour le compte de cet organisme, faux témoignages qui se sont retouvés aux bulletins de nouvelles comme s'il s'agissait d'information, sans que personne n'en vérifie les sources.
Papa Bush (tout comme son fils aujourd'hui) devait faire face à la tièdeur de l'opinion publique devant l'éventualité d'une intervention militaire en Iraq. La firme Hill & Knowlton (avec l'argent des Koweïtiens) allait faire basculer l'opinion publique dans une ferveur militaire quasi-totale. Fait à noter, l'un des conseillers politiques de Papa Bush, Craig Fuller, dirigeait également le bureau de Washington de la firme Hill & Knowlton.
L'élément déclencheur de cette campagne de marketing fût le témoignage d'une jeune Koweïtienne de 15 ans, Nayirah, qui désirait préserver son anonymat par peur des représailles. Elle affirmait travailler à l'hôpital al-Addan de Koweït City. Elle racontait en pleurant les atrocités dont elle avait été témoin. Elle décrivit comment les soldats iraquiens avaient fait irruption dans l'hôpital afin d'y voler du matériel médical et comment ces mêmes soldats avaient retiré 312 bébés des incubateurs pour les laisser mourrir de froid à même le sol.
Cette image fît une très forte impression sur la psyché mondiale et celle des Américains en particulier. Cette histoire fût martelée dans les médias et Papa Bush lui-même y fît référence 6 fois en moins d'un mois. À partir de la diffusion de ce témoignage sur une vaste échelle, les sondages devinrent majoritairement favorables à une intervention militaire en Iraq.
Pourtant, qu'avons-nous appris avec le temps que nous ne savions pas à l'époque? La jeune fille en question s'est révélée plus tard être la fille de l'ambassadeur koweïtien aux USA et le témoignage une opération de PR orchestrée par Hill & Knowlton. Les groupes de défense des droits de la personne comme Amnistie Internationale qui avaient mordu à l'hameçon ont dû se rétracter et avouer qu'ils avaient été bernés par une histoire marketing montée de toutes pièces. De la pure propagande. Même les autorités koweïtiennes ont nié ultérieurement ces "informations".
Avec le recul, il est plus aisé de connaître le fin fond de l'histoire, les tenants et aboutissants. Mais dans le "feu de l'action", comment discerner la vérité de la propagande dans un bulletin de nouvelles? Il faut demeurer méfiant, surtout qu'une autre campagne de PR s'organise pour, encore une fois, justifier une intervention militaire en Iraq...
Publié par Bob L'Aboyeur le 25 octobre 2002 à 01:30 PM
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