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Dernièrement, l'aspirant à la chefferie du Parti Libéral du Canada, Paul Martin, a révélé sa position quant à l'Accord de Kyoto. Il y est "enclin", mais s'il était en charge, il tenterait de former un consensus des provinces et de l'industrie autour de l'Accord plutôt que de l'imposer. De quelle façon parviendrait-il à établir un consensus avec des gens comme le Ministre de l'Énergie de l'Alberta, qui affirme que l'effet de serre est causé par la respiration humaine? Pas un mot là-dessus. Nous pouvons facilement conclure que Paul Martin prendrait son temps, allant de commission parlementaire en consultation avec l'industrie afin de retarder aux calendes grecques la ratification du protocole.
Y'aurait-il un rapport entre le manque de volonté de monsieur Martin dans ce dossier et la polluante Canada Steamship Lines, compagnie lui appartenant? Ce n'est pas la première fois que la CSL fait parler d'elle. Cette compagnie (rachetée à Paul Desmarais) possède bien quelques bureaux au pays, mais on se demande ce qu'elle a de canadien (à part le nom et ses dirigeants), puisque ses navires sont principalement fabriqués en Chine, au grand dam des TCA et de ceux qui prônent des échanges commerciaux éthiques.
Mais l'internationalisation des navires de Paul Martin ne s'arrête pas là, puisqu'ils sont aussi immatriculés aux Bahamas. Ce n'est pas uniquement le goût de l'exotisme qui motive ce choix, mais plutôt le fait que les Bahamas constituent un paradis fiscal, ce qui permets à la CSL d'échapper aux lois sur le revenu grâce à l'ingéniosité de son président, qui était aussi, pure coïncidence, Ministre des Finances de 1993 jusqu'à tout récemment.
La compagnie de Paul Martin est de nouveau sous les feux de l'actualité, cette fois-ci à cause d'une condamnation d'un tribunal de la Nouvelle-Écosse pour déversement illégal de pétrole dans les eaux canadiennes. L'amende de 125 000$ (can) est la plus grosse donnée à ce jour contre un pollueur. Malheureusement, nous avons appris dernièrement que les corporations au Canada peuvent déduire les amendes et autres pénalités de leur rapport d'impôt, ce qui revient à dire que c'est nous qui payerons pour dépolluer. Je suis persuadé que dans ce cas-ci, la CSL mettra son côté canadien de l'avant pour bénéficier de cette entourloupette fiscale.
Faut-il préciser que cet échappatoire dans la Loi date de l'époque de Martin?
Paul Martin trouve irresponsables les gestes posés par ses employés et se dégage de toute responsabilité en affirmant qu'il ne gère plus directement sa compagnie depuis sa nomination comme ministre, dont le contrôle a été donné à une fiducie. Il affirme: "Du temps où j'étais aux commandes, on a toujours respecté les normes les plus élevées en matière de protection de l'environnement". Pourtant, en 1991, un déversement illégal s'est produit au même endroit, et Paul Martin était bel et bien en charge à ce moment-là. Si la CSL s'est fait prendre en flagrant délit 2 fois en onze ans, combien de fois ont-ils effectué ces déversements ni vu ni connu?
Pas surprenant qu'il ne soit pas pressé de responsabiliser les pollueurs...
Publié par Bob L'Aboyeur le 26 novembre 2002 à 01:50 PM
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