Le pacte canado-américain? Quel pacte?

Alors que la plupart des médias rapportent le "nouveau pacte canado-américain" qui vise à obtenir une "frontière intelligente" entre les deux pays, il est inquiétant de constater les abus dignes d'un État policier qui sont en voie de devenir monnaie courante chez nos voisins du Sud. On en vient à souhaiter que la frontière, au contraire, devienne étanche afin de pas trop laisser leur connerie transpirer ici. Voici les deux exemples de la semaine, en provenance de l'autre côté de la "frontière intelligente":

1. Veux-tu mon portrait?

Mike Maginnis, un photographe amateur, prenait quelques clichés d'un hôtel accueillant temporairement le vice-président américain Dick Cheney dans la ville de Denver. Il photographiait les snipers sur le toit de l'édifice et la garde nationale déployée dans la rue, lorsque des agents de la police se sont interposé et ont exigé que le photographe leur donne son appareil, ainsi que la pellicule. Il a refusé et s'est vu mettre en état d'arrestation, puis amené au poste de police où il fût interrogé par un agent des services secrets qui l'accusa de "menacer la sécurité nationale" et de "collaborer avec les terroristes afin de trouver des faiblesses dans la sécurité du vice-président". Après quelques heures, on l'a relâché, mais des accusations de terrorisme planent contre lui, en vertu du Patriot Act. Tous les derniers développements dans ce dossier sont disponibles ici.

2. Une blague terroriste

Dans un bar de Sioux Falls, Richard Humphreys sert sa blague habituelle aux autres clients accoudés au comptoir. Ivre, il affirme: "God might speak to the world through a burning Bush". Il s'agit d'un jeu de mot sur le "buisson ardent" biblique, le mot buisson se traduisant par "bush" en anglais. Malheureusement, le barman en entendant la blague réalise que le président visite la ville de Sioux Falls le lendemain. Il est persuadé qu'un attentat se prépare contre Bush. Il imagine que des terroristes vont tenter d'asperger le président d'un liquide inflammable afin de mettre le feu à Doublevé (burning Bush). Le farceur, d'abord arrêté, s'est vu accuser d'avoir voulu attenter à la vie du président (rien de moins). Il vient de recevoir sa sentence : 37 mois de prison. Plus de 3 ans en milieu carcéral pour une stupide blague.

À la lumière de ces abus (et de combien d'autres perpétrés sous le prétexte de la lutte au terrorisme), quel Canadien se réjouit de savoir que les soldats américains peuvent désormais intervenir ici?

Publié par Bob L'Aboyeur le 10 décembre 2002 à 03:10 PM TrackBack Commentaires (0)