![]() |
![]() |
|

Hier matin, avant de partir pour l'université, j'ouvris ma boîte aux lettres pour prendre le courrier. Surprise! Le seul document qu'on m'aie amené, ce fut la magnifique revue "L'Actualité" du mois de janvier. En page couverture nous y retrouvons une photo de notre très célèbre "rebelle" national et j'ai nommé Mario Dumont. Celui-ci est nommé par la revue "homme de l'année".
Les arguments qu'utilise le journaliste sont des arguments assez particuliers, selon moi... Il considère qu' il est le seul homme à avoir ravivé l'intérêt du politique pour les Québecois et à avoir amené un débat dans les bouches.
On mentionne dans la revue que l'arrivée de Dumont sur la scène politique est comparable à l'élection du parti québécois dans les années 70. Avec mon oeil analytique d'étudiant en science politique, je ne crois pas que ce soit véritablement la même situation : le contexte socio-économique est très opposé, les fondements du parti ne sont pas les mêmes et la situation politique est totalement différente.
Je m'explique: La situation économique des Québécois n'est plus la même, car ceux-ci se sont tout de même enrichis (plus ou moins), plusieurs citoyens sont rendus à occupper des postes d'une importance relative dans les compagnies privées, le système public est accepté par tous et la majorité des citoyens en profite. Les nouveaux capitalistes et les nouveaux bourgeois sont maintenant Québécois. Pour plusieurs, se révolter contre leurs frères est mal et ne se fait pas. Pour ceux qui ont vécus la révolution tranquille, le but premier était de réussir à accéder à des postes relativement important et que maintenant que ces fait il faut accepter les différentes contraintes qui sont offertes à nous.
La situation politique québécoise n'est plus ce quelle a été. Comme plusieurs de nos compatriotes ont pris le droit de nous exploiter, il n'y a plus d'ennemi commun. Dans les années 70, les gens luttaient pour l'introduction de mesures sociales dans nos vies quotidiennes et maintenant que ces droits nous ont été acceptés et qu'il faut les entretenir, les gens veulent les garder, mais ils veulent aussi avoir l'argent qui sert à les entretenir. Le Québec s'est aussi doté de plusieurs pouvoir qu'il n'avait pas dans les années 70. Cette reconnaissance qui a été acquise par le temps, ne nous sert plus à grand chose car maintenant les gens ont honte de se dire nationalistes et séparatistes.
L'avènement du parti québécois sur la scène québécoise en 70, était une victoire pour la gauche, car celui-ci était assez radical dans son approche. De nos jours, les politiques défendues par le PQ, tiennent du centre-gauche et du centre-droit. L'apparition de l'ADQ n'est pas très surprenante:À force de jouer sur deux tableaux différents les gens viennent à ne plus croire en toi, donc tu perds de ta crédibilité. L'ADQ promet (et joue) beaucoup sur les problèmes que vivent les Québécois, le problème hospitalier, l'apparition du domaine privé, la mondialisation, le libre-échange, l'imposition étatique, etc. Le plus gros problème sur lequel il joue c'est celui de l'identité national.
En se positionnant ni pour ni contre la séparation, l'ÉQUIPE DUMONT rejoint au moins "63 % des Québécois de moins de 45 ans qui ne veulent pas être étiquetés" rouge ou bleu!! (Actualité, janv.03, P.28) Ce jeu est politiquement pratique car Dumont n'a pas à se mouiller et à entrer dans les débats qualifiés de vieux.
Malgré le fait qu'il le nomme "Homme de l'année", le journaliste amène aussi une critique, celle des syndicats, des associations de gauche, les artistes (tel Gilles Vigneault, les Zapartistes, etc), des partis de gauche (l'UFP). Il interroge aussi plusieurs professeurs de science politique et tous autant qu'lls sont, ils affirment qu'il y a regain de passion pour cette science, qui depuis longtemps était passé aux oubliettes.
Il ne faut pas se leurrer, l'apparition au Québec d'une droite politique assumée a créé chez plusieurs une source d'indignation et celle-ci sert à la gache car tous ceux qui sont contre les idées de droite se rallient pour la combattre. Pour conclure, celle-ci doit l'être à tout prix, il faut que l'information d'opposition passe par d'autres médias que ceux traditionnels. Il ne faut pas que cette nouvelle approche arrive à s'installer au pouvoir, si jamais elle le fait, le peuple québécois serait dans la "MARDE". Tous les acquis gagnés par des luttes difficiles seraient perdus et tout serait à recommencer. Il nous faut se doter d'un projet de société fort, à gauche, de liberté et pouvoir collectif.
Publié par Jean Rage le 18 décembre 2002 à 01:57 AM
TrackBack
Commentaires (4)