Marié à la finance



"Rien de pire qu'un bourgeois honorable

qui regarde le peuple avec dédain

du haut d'une fortune considérable

amassée en détroussant les citoyens"
Anonyme

En conférence de presse hier, Claude Blanchet, président de la Société Générale de Financement, tentait de justifier les bonis faramineux qu'il s'octroye, même lorsque le rendement de la SGF est négatif (faut-il préciser qu'il s'agit de bonis de performance, qui sont versés au gestionnaire lorsque celui-ci fait un excellent travail). Il est difficile de parler d'excellent travail de la part de monsieur Blanchet. On peut même difficilement qualifier son travail de correct. Depuis qu'il dirige la SGF, le rendement de cette institution n'a fait que se dégrader année après année suite à plusieurs mauvais placements, sans que les primes de rendement de ce dernier n'en soient affectées.

Dans les trois dernières années, monsieur Blanchet a touché des bonis variant entre 67% et 96% de son salaire chaque année alors que le rendement de la SGF était négatif. Il a presque doublé son salaire de 230 000$ en 1999 avec une "allocation d'une prime additionnelle pour performance exceptionnelle dans un dossier", mais lorsque la SGF est interrogée quant à savoir de quel dossier particulier il s'agit, on reste muet...

Non content de voir sa médiocre performance récompensée monétairement, voilà qu'il explique que c'est nous, la plèbe, qui ne comprenons rien aux marchés financiers. Il réplique que "le taux de rendement négatif de 4% enregistré par la SGF en 2001 n'est pas une mauvaise performance pour qui comprend le mandat de l'organisation et compare la SGF avec ce qui s'est fait ailleurs". J'aimerais qu'on m'explique comment un rendement négatif peut constituer une "bonne performance". Sauf votre respect monsieur Blanchet, vous nous prenez pour des imbéciles.

Monsieur Blanchet soutient qu'il "s'agit d'argent bien mérité compte tenu du bon travail effectué par son équipe et considérant que ce qu'il gagne est beaucoup moindre que la norme du secteur privé". Si Claude Blanchet n'est pas satisfait des salaires dans le domaine public, qu'il aille faire application ailleurs. Avec ses performances des dernières années, je ne suis pas sûr que le privé l'engagerait...

Mais Claude Blanchet n'a rien à craindre, puisque son patron, la Ministre des Finances Pauline Marois, est aussi, quelle coïncidence, sa femme! Elle a renouvellé son contrat cette année sans que personne ne soit consulté, malgré les maigres performances de la SGF depuis que son mari s'y trouve et malgré l'apparent conflit d'intérêt d'une telle opération. Voilà pourquoi monsieur Blanchet ne craint pas pour sa sécurité d'emploi, peu importe la médiocrité de son travail. Pauline n'a pas l'intention de faire vivre son parasite de mari. Elle lui a donc trouvé la tablette parfaite où il peut vivre aux crochets de l'État...

La Société Générale de Financement gère NOTRE argent. Pourquoi ne pas envoyer un courriel à Claude Blanchet afin de lui faire savoir ce que vous pensez de ses "performances exceptionnelles"...

Publié par Bob L'Aboyeur le 11 décembre 2002 à 12:29 PM TrackBack Commentaires (2)