Le bâton et le bâton

Depuis que Hans Blix, chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, a déposé son rapport hier, les différents intervenants quantifient et qualifient la coopération de l'Irak selon leurs humeurs. "Bonne jusqu'à présent", d'après Kofi Annan. "Mitigée", selon Hans Blix. "Insuffisante", clame Washington. On ne cesse de dire qu'ils coopèrent, mais à reculons, de façon bien involontaire.

Pas étonnant lorsqu'on considère qu'il n'y a pas de "carotte" pour les Irakiens, mais uniquement des bâtons. Si des armes de destruction massive sont trouvées par les inspecteurs, comme elles sont prohibées, c'est la guerre, mais si aucune arme de destruction massive n'est décelée, c'est qu'elles sont trop bien dissimulées, et c'est aussi la guerre. Beau dilemne qui motiverait n'importe qui, avouez.

Je n'ai jamais entendu personne proposer qu'une pleine collaboration avec les inspecteurs et une volonté réelle de désarmement soit assortie de la levée (ou au minimum un allégement) des sanctions économiques qui pèsent sur ce pays depuis plus de dix ans et ont causé des milliers des morts dans la population civile, malade et affamée. Pourtant, voici une proposition qui motiverait davantage les Irakiens à collaborer et qui serait logique, puisque si l'Irak a effectivement détruit ses armes prohibées et ne développe pas de programme nucléaire, les sanctions économiques n'ont aucune raison d'être.

Mais comme la paix n'est pas le but recherché, l'ONU votera pour l'option militaire bien avant de proposer d'assortir les inspections à la levée de l'embargo...

Publié par Bob L'Aboyeur le 28 janvier 2003 à 12:34 PM TrackBack Commentaires (0)