Les sans-abris, ce fléau urbain!!!

J'écoutais la télévision l'autre jour lorsque je suis tombé sur un reportage sur les sans-abris qui s'installent dans le métro, soit pour passer la nuit au chaud ou soit pour simplement dormir, car ils ont trop bu après une longue journée de quête insuffisante.

Le reportage diffusé sur les ondes de TVA au téléjournal de 22 heures, se voulait un reportage éducatif pour la population. ET BIEN JE CROIS QU'ILS ONT COMPL»TEMENT MANQUÉ LEUR COUP!!! Le reporter racontait comment certains itinérants peuvent être agressifs lorsque les agents de sécurité du métro (oui ceux qui demandent à être armés!) viennent leur demander, de façon assez méchante et mauvaise, de bien vouloir circuler car certains citoyens payeurs de taxes les trouvent laids et qu'ils les trouvent dérangeants. Le reporter rapportait aussi comment les itinérants se débattaient pour se sortir des mains de ces agents de sécurité privés.

Au lieu de servir de déclencheur ou de bouton d'alarme pour la population, comme quoi le taux de pauvreté est trop élevé et que la désinstitutionalisation trop rapide de certains handicapés ou malades mentaux (schizophrénie, paranoïa, dédoublement de personnalité, alzheimer, etc.) a été nocive, le reportage eu l'effet contraire, soit celui d'apeurer la population.

Rectifions le tir... Il est vrai que plusieurs sans-abris choississent le métro de Montréal pour établir leur campement pour la nuit. Il fait chaud, l'air est plus ou moins bon, certains restaurants sont ouverts tard le soir, donc ils peuvent servir de supermarché en tout temps, etc, mais bien souvent ils n'ont pas d'autres choix, car les refuges sont pleins. Le Pops est bien bon, mais ne peut désservir tout le monde. Alors mettez-vous à leur place, que feriez-vous?

Lorsque vous pensez avoir trouver l'emplacement idéal, un gorille vient vous déloger, vous qui pour vous réchauffer avez gardé un dix onces dans vos poches, vous buvez pour oublier que vous êtes dans la rue, que les seuls amis que vous avez sont ceux que vous inventez... Vous refusez d'abord, ils insistent, vous refusez encore, ils se fachent et commencent à vous insulter, à vous traiter pire qu'un animal. Alors, sous l'influence de l'alcool, vous vous levez, le monde tourne autour de vous, vous ne voyez plus très clair, vous voyez des gens gesticuler devant vous, vous tenter de vous débattre, les gorilles se jetent sur vous et vous passent les menottes. Vous haïssez la police, donc vous vous débattez encore plus, alors la dernière chose que vous vous rappellez c'est d'avoir senti un coup en arrière de votre tête et de vous être endormi ou évanoui, vous vous en souvenez plus. Vous vous réveillez soit à l'hopital, attaché à votre lit (car vous êtes un être dangereux et violent) ou enfermé dans une cellule d'un poste de police de quartier. Quelle belle vie!!! Vous vous dites qu'au moins vous allez être au chaud pour la nuit!! Puis avec de la chance, vous allez être emprisonné pour voies de fait sur un agent de la paix, puis que vous allez avoir un endroit ou dormir pour une couple de jours voire de semaines!!

C'est dur! C'est la réalité! J'ai raconté une histoire que plusieurs travailleurs de rue racontent. Le reporter a fait fausse route en démontrant ce que seulement les agents de sécurité endurent. La vie des plus démunis ça les intéresse pas, c'est juste un gang de crottés, sales et répugnants. Je vous demanderais de réfléchir à ce problème: celui de la pauvreté absolue, de l'incompréhension face à un monde que vous ne comprenez pas parce qu'il vous manque certains médicaments essentiels pour votre survie. Qu'avec l'énergie du désespoir vous vous jetez devant le train voulant arrêter les voix dans votre tête.

Je vous reparlerai un jour du quartier de fortune que l'on avait construit pour survivre, puis qu'un matin des cols bleu sont venus détruire parce qu'une madame du quartier (bourgeoiseet bien nantie) avait peur de nous regarder lorsque l'on demandait de l'argent!!! Mais ça c'est une autre histoire!!!!

Dernière question en terminant: qui répond aux itinérants lorsqu'ils vous parlent ou vous demandent d'être généreux?? Ou encore, répondez-vous aux vendeurs du journal mensuel l'ITINÉRAIRE? Accordez-leur une oreille et vous allez voir, pour plusieurs, ils sont sympathiques.

Publié par Jean Rage le 07 janvier 2003 à 01:33 AM TrackBack Commentaires (24)