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Qui se ressemble s'assemble: Rumsfeld et U.S. Haïne se serrent la main, Bagdad, 1983

Donald Rumsfeld est sûrement la personne de l'administration Bush qui jappe le plus fort contre Saddam Hussein, ce "maléfique dictateur qui n'hésite pas à utiliser des armes chimiques contre ses voisins et ses propres citoyens". Hier, ce cowboy de la diplomatie s'est permis de traiter la France et l'Allemagne de "vieille Europe" parce que ces deux pays s'opposent à des frappes sur l'Irak sans résolution de l'ONU. Force nous est d'avouer que Donald Rumsfeld ne fait pas dans la dentelle. L'avez-vous déjà observé lors d'une conférence de presse? Cet homme a le don de traiter les journalistes qui lui posent des questions incommodantes comme des imbéciles, et ça lui réussit, on dirait. Pourtant, il y a tant de questions incommodantes à poser à cet arrogant red-neck.

Cette photo fût prise à Bagdad en décembre 1983, alors que la guerre Iran-Irak faisait rage depuis trois ans. Le président Reagan (dont le vice-président était Papa Bush) avait alors envoyé une lettre manuscrite par le biais de son envoyé spécial, Donald Rumsfeld, afin de rétablir les relations diplomatiques avec l'Irak et lui assurer un soutien économique, militaire et logistique. À son retour, Rumsfeld confia au New York Times que les USA "trouvent pratique d'entretenir des liens avec ce pays, étant donné leur désir de résoudre la crise politique au Moyen-Orient". Il confirmait ainsi publiquement l'appui américain à Hussein qui possédait déjà une solide réputation de dictateur et d'utilisateur d'armes chimiques prohibées.

Le 1er janvier 1984, les USA avertissaient les pays alliés dans le Golfe Persique par la voix du Washington Post que "la défaite de l'Irak dans sa guerre contre l'Iran serait contraire aux intérêts des USA" et qu'ils avaient "déjà posé plusieurs gestes afin de prévenir cette défaite". En plus de leur vendre de l'armement Made in USA, l'un de ces gestes consistera à fermer les yeux sur les abus commis par l'Irak. Le 24 mars 1984, Rumsfeld était de retour en Irak pour discuter "relations diplomatiques" (i.e. vendre des armes). Le même jour, les médias rapportaient que plus de 600 soldats iraniens avaient été victimes de gaz moutarde. Rumsfeld ne mentionnait alors même pas l'incident. Aujourd'hui, il vocifère et utilise ces crimes pour justifier ses machinations guerrières, mais il est clair que Rumsfeld ne s'est jamais de sa vie soucié des victimes innocentes, puisque cet homme n'a qu'une seule allégeance, peu importe les alliances du moment, et cette allégeance, c'est la guerre.

Depuis le 11 septembre, Rumsfeld cherche à censurer l'Internet par mille et un moyens. Voilà sûrement le genre de photo qu'il ne veut pas trop voir circuler...

Publié par Bob L'Aboyeur le 23 janvier 2003 à 12:22 PM TrackBack Commentaires (3)