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Voilà une question à laquelle il n'y a pas selon moi de réponse simple !
Bien entendu, on ne peut être contre la vertu.. La légalisation du cannabis et d'autres drogues serait moins "hypocrite" que leur décriminilisation (1)... Les drogues et leur consommation n'ont-elles pas toujours existé? Du moins depuis que chez l'homme est apparue une conscience d'être... Depuis Adam et Eve! Interdire, prohiber leur usage ne donne rien... puisqu'elles vont continuer à être consommées.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les deux drogues légales et donc les plus accessibles, l'alcool et le tabac (nicotine) sont celles les plus consommées et celles qui entraînent le plus de décès directs et indirects. De plus, comment ne pas penser aux impacts qu'a eu la légalisation des jeux de hasard et d'argent sur le développement du jeu pathologique. Depuis que le gouvernement du Québec a légalisé les jeux de hasard et d'argent et pris la relève du crime organisé pour ce qui est des casinos et des machines de vidéo-poker, le taux de prévalence pour ce type de dépendance a doublé! Il est, selon un chercheur financé par Loto-Québec, passé de 1.2 % à 2.1 % chez les adultes (2). Chez les jeunes, les jeux de hasard et d'argent arrivent au premier rang devant la consommation d'alcool, de tabac et de stupéfiants! (3) En terme de santé publique, la gestion par l'État des jeux de hasard et d'argent a donc eu des conséquences plus néfastes que lorsqu'ils étaient contrôlés par le crime organisé! Cette attitude désinvolte et irresponsable de l'État dans la gestion des jeux d'argent et de hasard démontre que nos gouvernements ne semblent avoir d'autre morale que celle de son absence. Le capitalisme n'a-t-il pas comme corollaire la quête de profits, une valeur que semblent partager les entreprises privées et les gouvernements qui gèrent les industries des "dépendances". Pourquoi en serait-il autrement avec le cannabis ?
Se prononcer pour ou contre la légalisation du cannabis et des drogues ne signifie rien sans débat public sur le rôle (et mandat) de l'État dans la gestion des drogues (tout comme celle d'ailleurs des jeux de hasard et d'argent). Celle-ci, ne devrait être guidée que par des stricts motifs de santé et de sécurité publique, c'est-à-dire empêcher le crime organisé d'en tirer profits et ainsi réduire la criminalité qui lui est reliée; réduire les conséquences et les impacts sur la santé que leur consommation peut avoir sur les individus etc.
Alain Dubois
Éditeur et webmestre des sites :
www.jeu-compulsif.info et www.toxico.info
1- * Il faut souligner que la décriminalisation du cannabis, contrairement à ce qu'on peut penser risque d'amener une plus grande judiciarisation des utilisateurs de cette drogue, surtout chez les jeunes et les marginaux... Actuellement, les services policiers hésitent à arrêter les consommateurs de cannabis pour possession simple... ce qui ne sera pas le cas pour une simple contravention au code civil! Plusieurs de mes correspondants et partenaires européens m'ont confirmé cet effet pervers de la décriminalisation.
2- 5 fois plus selon un sondage Léger Maketing!
3- (le Jeu 30% (sec.1), 37% (sec.5); l'alcool 7,4% (sec.1), 20% (sec.5); les stupéfiants 3,5% (sec.1), 26% (sec.5); la cigarette 7% (sec.1), 31% (sec.5) (Centre international pour l'étude, le traitement et la prévention du jeu chez les jeunes de l'Université McGill).
Publié par Alain Dubois le 26 février 2003 à 06:02 PM
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