L'intellectualisme au Québec

Chers amis lecteurs,

Vous me voyez aujourd'hui un peu troublé. Je le suis, car un de mes professeurs d'université m'a fait réfléchir sur un sujet des plus importants. Si jamais vous décidez de continuez à lire, j'aimerais connaître votre opinion sur le sujet. Le professeur en question remettait en cause le fait qu'au Québec, nous vivons actuellement un anti-intellectualisme primaire!!!

Je suis troublé car c'est une remise en question de notre société. Ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui, les écoles ne fournisssent plus des gens qui pensent, mais bien des machines à produire. Les sciences humaines aussi entrent dans ce créneau. Je suis troublé car je crois que cette hypothèse peut être fondée, mais aussi que ma position sur le sujet est mitigée.

Il est vrai, que dans les écoles primaires et secondaires, les étudiants qui réussissent bien dans plusieurs matières se font traiter de nerds à lunettes, de boutonneux, de têteux de prof, de chouchous, etc, etc. Cette réaction est peut-être due au fait, que les étudiants sont jaloux et qu'ils n'ont plus de motivation à apprendre. Cependant, le tort ne peut être mis uniquement sur les élèves qui rejettent, mais aussi sur les étudiants qui se marginalisent eux-mêmes. Comme tout humain qui se respecte, certains ont la fâcheuse habitude de se prendre pour le nombril du monde et en viennent à snober tout le monde!!!

Cette situation n'est pas exclusive qu'au temps du secondaire et du primaire, loin de là. Cette situation se repète souvent dans les milieux universitaires et collégiaux. Les étudiants qui sont les plus doués sont souvent marginalisés, car il ont des comportements anti-sociaux.

Les institutions scolaires ne sont pas les seuls coupables, loin de là. Il faut voir comment les parents cultivent le sentiment de compétition et de supériorité envers leur enfant. La culture léguée à nos enfants est très importante, car c'est ce qui les forme pour le futur. C'est donc un problème culturel.

Donc, le problème est à la fois culturel, institutionnel, social, familial et pis quoi encore?!! Je crois que si certains intellectuels veulent recevoir une reconnaissance, il faut qu'ils se permettent de descendre de leur tour de Babel et de leurs châteaux. Je crois que le meilleur intellectuel est celui qui réussit à vulgariser sa pensée pour tout les mortels de cette planète. Le problème de l'anti-intellectualisme au Québec vient du fait que le peuple n'est pas interessé à entendre des gens qui parlent avec la bouche en trou de cul de poule et qui utilisent des termes tellement techniques qu'il faut utiliser un dictionnaire pour suivre une discussion monologuiste... Je comprends ce phénomème car je ressens le même sentiment envers certains de mes professeurs d'université. Certains sujets sont palpitants, mais les professeurs perdent ma concentration, car ils divaguent sur des envolées lyriques interminables.

Il ne faut pas se surprendre que les gens n'écoutent que TVA et TQS et que La Fureur soit aussi populaire. Le peuple a aussi sa part de blâme à recevoir... Il ne fait pas assez d'effort pour tenter de comprendre les événements qui l'entoure. Je crois qu'il faut des gens, comme nous, qui tentent d'amener la population désintéressée à s'intéresser aux sujets d'actualité. Je crois que le rôle que nous avons à remplir est important dans une société capitaliste et corporatiste comme la nôtre... Il sert de phare à la révolte de plusieurs gens...

Le but de mon texte n'est ni d'encencer ni de descendre certaines personnes en particulier, le but premier est de comprendre pourquoi plusieurs intellectuels ne se sentent pas acceptés dans notre société québécoise. Faut-il devenir des anti-intellectuels/intellectuels pour voir notre société accepter le fait qu'un niveau d'éducation ne veut pas dire snob et condescendant? Je vous pose la question à vous intellectuels non-intellectuels...

Je vous invite vous pencher sur le rôle que doivent jouer les intellectuels dans une société!!!

Publié par Jean Rage le 04 mars 2003 à 01:58 AM TrackBack Commentaires (17)