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Je ne suis pas un fin connaisseur des rouages de la diplomatie, ni des politique internationale, mais j'estime, comme tout le monde, être capable de décortiquer l'actualité avec un minimum de bon sens. Dans ce cadre, la proposition américaine d'une nouvelle résolution pour l'Irak est propice à quelques commentaires.
D'abord, on voit que les nations unies n'ont pas le choix que d'accepter la proposition. Les Américains font preuve de "générosité" en acceptant l'implication de membres de l'organisation dans l'administration du pays. Si l'ONU rejette la proposition cela signifie que les Américains feront le travail seuls, et cela évidement n'arrange personne.
En contrepartie, les Américains proposent la levée de l'embargo économique, et l'utilisation de l'argent du pétrole dans la reconstruction du pays avec la collaboration du FMI et de la Banque mondiale. En d'autres termes l'Irak sera le modèle d'une économie libérale 100% privatisée et 100% ouverte à l'exploitation par les puissantes compagnies du monde. Le paradis tant convoité.
La doctrine, dogme serait plus approprié, économique néolibérale qui régit le gouvernement Bush dans ses choix de politique étrangère est basée sur une hypothèse fort discutable, parce que trop simpliste à mon avis : la liberté des marchés engendre la liberté individuelle, donc la démocratie. Ceci connu, le dessein américain se fait de plus en plus clair, la proposition de créer une zone de libre-échange au Proche-Orient va dans ce sens. La vision néolibérale du monde par les américains se résume en un vaste marché. Libérez les marchés et vous obtenez liberté, prospérité, démocratie et paix. La mondialisation va résoudre tous les problèmes de la terre, de l'environnement au conflit israélo-palestinien.
Évidement en théorie ceci est très beau, mais j'ai de la difficulté à y croire. Dans la pratique les contre exemples de faillite du modèle économique néolibéral du FMI et de la Banque mondiale ne manquent pas : l'Argentine, la Russie, l'Asie du sud-est... Aussi, le rapport de cause à effet entre libre marchés et démocratie n'a jamais été historiquement prouvé à ma connaissance, sauf peut être dans les livres. Les économistes convaincus peuvent disserter des heures sur les bienfaits de la mondialisation, du libre échange et de la privatisation, mais depuis des décennies que les recommandations du FMI et de la Banque mondiale sont appliquées, vivons-nous pour autant dans un monde meilleur ?
Que ce soir clair, je ne suis pas anti-mondialiste, ni contre la libre circulation des marchandises, bien au contraire. Je rêve d'un monde sans frontières où les nations n'existent pas. Mais je crois que la méthode américaine d'imposition d'un modèle basé essentiellement sur une vision économique du monde est limitée sinon dangereuse. Je prône un modèle basé sur le respect des libertés et les droits de l'homme. Mondialisons la liberté et la démocratie, et l'économie suivra. Que les Américains arrêtent de supporter les dictateurs de ce monde, et associent les bons gestes à la rhétorique.
Je sais néanmoins que la réalité des Hommes est différente, et que l'argent reste le moteur du monde. J'ai aussi confiance en mes semblables, ceux qui luttent pour un monde meilleur, et qui finiront peut être par changer les choses.
Compléments de lecture :
- Mondialisation économique et démocratie
- Pour un néolibéralisme à visage humain
Publié par Houssein le 09 mai 2003 à 02:52 AM
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