La "supposée" journée internationale des travailleurs

Bonne journée internationale des travailleurs!!

Au premier mai, une journée importante pour les travailleurs du monde entier... dans tout les cas, ça devrait l'être. Chaque travailleur devrait prendre conscience de son état précaire et descendre dans la rue pour demander de meilleures conditions de travail, mais bon, seulement une minorité le fait... Pourquoi?!?!?

Au cour des prochaines lignes, j'essayerai de comprendre les raisons multiples de la non-mobilisation des travailleurs....

Premièrement, je ne veux pas que personnes me traite de réactionnaire ou d'anti-quoi-que-ce-soit....

Deuxièmement, je pourrai à certains moments être assez critique face à des comportements que je juges non-nécessaire...

Troisièmement, j'aimerais, qu'en tant que blogue de gauche, nous tentions de trouver des solutions aux problèmes que je vais soulever...

Donc, commençons:

Aujourd'hui, 1er mai 2003, une marche avait lieu au parc Préfontaine pour dénoncer les injustices commises par les employeurs à travers le monde. Cette marche constitue habituellement une occasion pour les syndicats de mobiliser les ressources nécessaires pour rassembler leurs membres pour symboliser une certaine solidarité envers les travailleurs à travers le monde.

Mais depuis quelques années déjà, le syndicalisme a perdu des plumes. Il s'est institutionnalisé. Cet institutionalisation vient à porter un coup dur aux multiples luttes car ce n'est pas en étant actionnaire d'une compagnie multinationales que l'on fait changer les situations désagréables, au contraire, un actionnaire cherche à bonifier ses avoirs, peu importe la manière. Parfois, ces actionnaires sont des syndiqués qui travaillent dans des "shops" à 7,85$/heure. La réaction qui s'ensuit est normale: plus tu vois ton action augmente plus tu veux quelle augmente!!

En second lieu, j'aimerais que vous vous arrêtiez quelques instants, puis que vous preniez conscience que la majorité de la population ne veut pas de révolution, elle veut vivre une petite vie tranquille, écouter Star Académie, lire son 7 Jours , ou son Journal de Montréal, son Écho Vedette, le Dernière Heure (j'aimerais vous faire remarquer que ces journaux et émissions appartiennent à la même compagnie, soit Québécor inc, celle-ci appartenant à un homme qui passa dans sa jeunesse le journal "En lutte" et qui maintenant est le pire PDG anti-syndicaliste du début du 21ème, au Québec). Lorsque nous sommes dans la rue, faisant une manifestation, criez des slogans tels:"RÉVOLUTION, la seule solution!" ou "Le peuple armé jamais ne sera vaincu!" ou "Hochelaga, l'anarchie vaincra!", je ne crois pas que cette société tant décriée se sente touchée. Peut-être faudrait-il commencer à changer de réthorique. Après trois cent ans, l'expérience a prouver que ce n'est la meilleure tactique.

Aussi, je dénonce férocement le sectarisme des idéologies. La guéguerre entre anarchistes et communistes, on pourrait s'en passer. Ce n'est pas en se crachant dessus et en tentant de s'approprier le monopole de la révolte des travailleurs que nous ferons avancer les choses. J'ai moi-même un préjugé défavorable envers les marxistes-maoïstes-léniniste-trostkistes-communistes révolutionnaires. Je les trouve drôlement déconnecté à la réalité. Mais jamais, pendant une manif, je commencerai à les descendre... où est la crédibilité??

La haine que voue les anarchistes au mouvement syndical est selon moi incompréhensible, bien qu'il ait tous les défauts, nous devons nous intégrer à l'intérieur de ceux-ci et les changer de l'intérieur si nous ne sommes pas en accord avec leurs actions... Un adage populaire dit: "le syndicat est ce que sont les membres", je ne peux qu'assumer cette vérité et le mettre en action lorsque je peux!!

Aujourd'hui, j'ai vu des anarchistes rires des communistes et vice-versa. Aussi, j'ai vu des anars "cracher" sur un rassemblement syndical parce qu'il était organisé par la CSN, la FTQ, la CEQ, l'UFP, etc. À ceux-ci je dis merde! Merde, pour leur révolution tant attendu depuis les trois cents dernières années.

J'étais avec le contingent anarchiste, toujours relégué à l'arrière des manifs, les premiers à se faire arrêter et les derniers au courant de se qui se passe à l'avant!!

Pour conclure, que faudra-t-il faire pour se faire accepter comme véritable opposition syndicale? Faudra-t-il réformer notre moyen d'expression ou faire comme nous avons toujours fait: jouer à la victime!! Crier à l'injustice ou accepter notre différence en se faisant s'intégrer dans les groupes déjà existants et tenter de changer les choses par l'intérieur?

Cependant, il existe certains points positifs, par exemple: le fait que la marche du premier mai se soit fait ailleurs que dans le centre-ville, cette initiative nous permet de toucher la masse laborieuse qui habite l'est de l'île. L'heure à laquelle cela c'est fait est aussi plus pratique pour bien des gens... 18 heures 30, c'est une heure raisonnable et accessible pour tous!!!

J'espère que tout de même les choses s'arrageront pour les millions de travailleurs, qui je dois l'avouer devraient se lever pour affronter les patrons qui les abusent dans certains pays.

Allez bonne journée des travailleurs à tous!!!!

Jean Rage

Publié par Jean Rage le 02 mai 2003 à 01:32 AM TrackBack Commentaires (2)