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"En 1968, Raymond Augustive Bauer et Stephen A. Greyser estimaient que le consommateur nord-américain était exposé à 750 messages publicitaires par jour, soit 273 750 par an. Vingt-trois ans plus tard, McKenna évalue à 3000 par jour, le nombre de messages auxquels nous sommes potentiellement exposés".
Comme des explorateurs des temps modernes, ils sont toujours à la recherche de nouvelles surfaces afin d'y apposer leur pollution visuelle. Leur but? Susciter des besoins artificiels et souvent inassouvissables. Ils sont partout. Non contents d'infiltrer les médias, d'en modeler le contenu sous le prétexte de la synergie, insatisfaits d'avoir la main mise sur les endroits publics et les rues des villes, ils cherchent mille et une façons pour envahir notre intimité. Tous les moyens sont bons pour ces vils vendeurs de toc et ces bateleurs de camelote.
À cause de cette surabondance de sollicitation, les fils de pub doivent trouver de nouvelles façons d'attirer notre attention. Que ce soit par des avions transportant des banderolles publicitaires par un bel après-midi d'été, les camions-pub qui polluent doublement dans les rues montréalaises depuis plus d'un an, les racks à vélo qui servent en fait à afficher de la pub, même dans les urinoirs des toilettes publiques, la publicité nous harcèle. Mais il y a pire encore. Depuis quelques temps, on entend parler de bébés baptisés de noms de produits, et même de tombes sponsorisées. Où s'arrêteront-ils? La lune?
Leur dernière trouvaille dans le domaine de la réclame n'est pas aussi radicale, mais elle frappe plus près de nous, puisque c'est une initiative québécoise: la pub sur les coquilles d'oeufs. Rassurez-vous. Il ne s'agit pas de poules génétiquement modifiées qui seront mises à profit, mais plutôt d'un procédé d'impression sur une mince pellicule de polymère, collée à la coquille de l'oeuf. Le procédé a été approuvé par Santé Canada.
C'est la compagnie de publicité Egg Ads Media qui est l'instigatrice de cette idée de génie qui relègue aux oubliettes le vieux débat de l'oeuf ou de la poule. Comme toute manoeuvre insidieuse, on commence par nous faire avaler l'idée en l'associant à une bonne cause. Dans ce cas-ci, c'est Opération Enfant Soleil qui inaugure le bal, mais la technologie est ouverte à tous les annonceurs qui le désirent. Il y a 30 millions d'oeufs en circulation annuellement au pays, et selon les dires de la compagnie, les oeufs ont "un taux de pénétration des foyers de 92%". Est-ce que le Colonel Sanders osera profiter de ce nouveau véhicule promotionel?
Si les poules avaient des dents, certains publicistes se feraient mordre... Cliquez ici pour entendre une réaction outrée...
Publié par Bob L'Aboyeur le 28 mai 2003 à 10:22 PM
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