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Toledo l'autoritaire néo-libéral
Alejandro Toledo, ou El Chulo comme l'appelaient amicalement les péruviens lors des dernières élections, vient de déclarer l'état d'urgence au Pérou et en profite même pour suspendre tous les droits individuels en donnant tous les pouvoirs ayant trait à l'ordre public, aux forces armées péruviennes ainsi qu'aux forces de l'ordre.
Toledo affirme que les moyens de pressions et les grèves qu'ont organisés les professeurs du pays ruine l'économie, puisque la grève initiée par les professeurs s'est vite transformée en une grève presque généralisée. Aujourd'hui même, les agriculteurs bloquaient les routes du pays. On peut comprendre Toledo d'avoir peur puisque sa popularité a baissée au niveau de 14% depuis son accession au pouvoir alors qu'il recueillait la majorité des voix. La démocratie sans ordre n'est pas une démocratie a t-il dit.
Depuis le 12 mai, les professeurs ont recours à une grève illimitée. Leurs revendications ? Une augmentation de 210 soles pour chaque quinzaine de travail, ce qui représenterait une augmentation d'environ $ 40 can. / 15 jours. Les autres revendications sont d'ordre législatif.
De plus, 37,000 travailleurs de la santé se sont déclarés en grève dans les derniers jours en exigeant, eux aussi, une augmentation salariale. Le gouvernement assure que les classes recommenceront bientôt et que ceux et celles qui refuseront de rentrer seront congédiés et remplacés par d'autres.
Dans la région de Jauja, des grèvistes ont eu recours à un peu plus de violence puisque deux policiers sont portés disparus alors qu'on dénombrait 15 blessés. Deux véhicules ont été incendiés. On prétend que le salaire moyen d'un agriculteur au Pérou est de l'ordre de 3$ par semaine et que ceux-ci ont des familles nombreuses. On peut facilement imaginer dans quelle misère ces gens vivent. Pouvons nous comprendre leur désespoir façe aux politiques néolibérales de Tolédo?
La situation risque également de s'envenimer du côté des policiers puisque ceux-ci réclament également une augmentation salariale. Les policiers de la région lembrayeque affirment qu'avec un salaire de 600 soles par mois, ils n'arrivent plus et qu'il est inadmissible qu'ils aient à acheter eux-mêmes leurs uniformes, souliers et képis.... L'un d'entre-eux déclarait que le gouverneur les a traité de communistes parce qu'ils revendiquaient. Mais ce qui est insolite dans cette manifestation policières, c'est le fait que ce soit leurs femmes qui manifestent car en tant que policiers, ceux-ci n'ont pas le droit de manifester.
Ca va donc très mal pour le principal allier de George W Bush en Amérique du Sud.
Les hommes de paille de Washington sont tous en danger en Amérique du sud présentement. Le président de Bolivie également en danger, ne pourra sans doute pas compléter son mandat et M. Toledo, s'il peut le terminer, ne le pourra qu'en éliminant les droits individuels et en jouant au dictateur jusqu'à la fin de son mandat.
Quant on pense qu'au Venezuela, le salaire minimum fut augmenté de 20% au cours des deux derniers mois et qu'il le sera encore une autre fois de l'ordre de 10% en juillet prochain.
La morale de cette histoire :.... Le néolibéralisme a fait son temps et les sud américains l'ont bien compris!
Publié par Libertador de Conciencia le 28 mai 2003 à 09:38 PM
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