Ce Pays que l'on oublie

Depuis la fin des années 70 jusqu'au début des années 80, tous les États capitalistes ibéro-américains se sont dirigés vers des démocraties multipartistes. Depuis, tous ces régimes ont dû se diriger vers une libéralisation de leur marché et de leur politique. L'unique exception dans ce groupe fut Cuba, qui est aujourd'hui accusée d'être une dictature prolétaire. Cuba dit se baser sur la révolution et sur une démocratie sociale supérieure à certaines, et en ce moment, l'île s'ouvre peu à peu au marché.

Mais, à l'intérieur des pays hispano, il existe une république qui n'a pas fait partie de ce processus et qui continue à maintenir un système dictatorial plus affiné que celui de Strossner, Pinochet ou Somoza et je ne fais allusion à aucune des 18 républiques latino-américaines, ni à celle d'Espagne.

La République dont nous parlons n'a jamais eu de système de démocratie représentative durant ses 35 années de vie indépendante. Elle ne connut que deux présidents. Cette République à également une autre particularité, c'est qu'elle fut celle qui a le plus progressé économiquement dans le monde Latino. Pendant que l'Espagne, Puerto-Rico et les 18 États indépendants hispano-américains connaissaient des baisses dans leur économie ou des rendements très minimes, l'économie de ce pays a augmenté de deux points en se classant aujourd'hui, comme l'un des deux pays ayant le plus renforcé son économie dans les dernières décennies et ce, à l'échelle mondiale.

Nous parlons bien sûr de la République de Guinée Occidentale Équatoriale, devenue indépendante depuis 1968. Le général Franco n'a jamais été contraint de sortir de ce pays à cause d'une guerrilla. Marcias Nguema s'est proclamé président à vie en 1968. Durant son gouvernement (1968-79) tous ses opposants furent contraints à l'exil, et les espagnols vivant en Guinée furent aussi soumis à l'exil (7000 espagnols) et un tiers de la population se sont échappés ou ont été incarcérés durant cette période. En 1979, Marcias Nguema fut défait et exécuté par son neveu Teododo Nguema , qui continue d'administrer le pays depuis maintenant 24ans.

Le pouvoir est entre les mains du Parti Démocratique qui, même si son nom porte a croire que à une véritable démocratie, refuse tout autre parti lors des élections. Tant et si bien que le président Téodoro a recueilli un pourcentage de 99% d'appui lors des élections de 1996. Plusieurs partis politiques espagnols ont demandé à Aznar s'il prendrait une attitude intransigeante face à la dictature sévissant en Guinée, une dictature qui s'accroche au pouvoir depuis plus longtemps que celle de Saddam Hussein et qui a provoqué un exil supérieur au celui observé en Iraq si on tient compte du nombre d'habitants d'un pays par rapport à l'autre.

Comme c'est le cas pour l'Iraq, la principale source d'exportation de la Guinée est le pétrole. Nguema est l'un des plus riches magna africains. Son oncle Marcias avait une fortune de plus de 13 milliards de dollars et on calcule que le président actuel a une fortune de beaucoup supérieure à celle de son oncle, puisqu'il a triplé la production pétrolière et profité du boom pétrolier.

Pendant que Téodoro s'enrichissait, seulement 50 des 2880 km de chemin ont été asphaltés. De plus à Washington, à Madrid et à Paris, plutôt que de chercher à faire chuter le dictateur, on se dispute ses faveurs. Chirac a même réussi l'exploit d'apporter Nguema à la francophonie. Pendant ce temps, l'Union européenne et les USA planifient de démocratiser Cuba pour, soi-disant, faire tomber le gouvernement de Castro. Pourtant, Cuba n'est pas le pays qui viole le plus les droits de ses citoyens ! D'autres régimes sont, de beaucoup, plus autoritaires, et leur population respective n'a même pas accès aux mesures sociales dont bénéficient les cubains.

Publié par Libertador de Conciencia le 14 juin 2003 à 05:03 PM TrackBack Commentaires (1)