![]() |
![]() |
|


Il est coutume pour la publicité d'enjoliver largement les faits, lorsqu'elle ne ment pas effrontément. C'est d'ailleurs la pierre angulaire de la réclame que de déformer la réalité à l'avantage du produit annoncé. Sans ces mensonges attrayants, la publicité ne pourrait exister. Dans certains cas, le mensonge est bénin, certes, mais dans d'autres, on camoufle des problèmes de société sous le fard des relations publiques. Le meilleur exemple est sans doute la compagnie Nike.
Depuis les années '90, les activistes ont pris la compagnie comme cible privilégiée pour illustrer les méfaits de la mondialisation. Plusieurs campagnes de sensibilisation ont dénoncé les conditions de travail des employés de Nike dans des sweatshops, informant les consommateurs des salaires ridicules et des conditions de travail s'apparentant à celles de travaux forcés, sans compter l'âge des employés, souvent des enfants de 12 ou 14 ans.
Ces campagnes de sensibilisation ont fait du tort à l'image de la compagnie, puisque Nike ne vend pas de l'équipement de sport, mais bien l'image de la bonne forme physique, de l'activité. Suite à ces "attaques", plutôt que de rectifier la situation, ils ont utilisé la pub pour redorer leur logo, vantant trompeusement le traitement et les conditions de travail de leurs employés du tiers-monde. Devant la distorsion des faits présentés dans ces publicités, Marc Kasky, un activiste californien, a entamé une poursuite contre la compagnie, il y a cinq ans.
Le procès n'a encore jamais eu lieu. La Cour Suprême de Californie a autorisé la poursuite il y a plus d'un an, mais Nike en appella de cette décision, prétextant que le contenu de ses publicités était protégé par le premier amendement. Selon Nike, le droit au mensonge est protégé par la liberté d'expression, rien de moins. Fort heureusement, la Cour Suprême (qui s'est prononcée cette semaine en rejetant l'appel) ne partage pas leur avis sur la question. Nike devra donc prouver les faits mentionnés dans ses publicités. On peut d'emblée présager les effets d'un tel jugement. En résumé, les publicités n'auront plus le droit de raconter n'importe quoi, sous peine de poursuites.
Serait-ce le début de la fin de la pub?
Publié par Bob L'Aboyeur le 29 juin 2003 à 02:30 PM
TrackBack
Commentaires (8)