La campagne en Ontario

Nous avons reçu ce texte de Ladéroute, qui nous écrit: Vous traitez d'affaires internationales mais on semble oublier ce qui se passe dans la province voisine. La présente campagne se veut très sale et animée. Elle n'a rien à envier aux campagnes électorales qui se déroulent au Québec.

Slicky Ernie vs Dalton

Les campagnes électorales au Québec sont reconnues pour être très animées. On dit qu'en Ontario, c'est ennuyant. Cette fois-ci, c'est l'inverse. Dalton et Slicky Ernie sont de piètres tribuns, qu'ils sont très ennuyants, qu'ils n'attirent pas les foules tellement ils sont ennuyants.

Permettez-moi de vous entretenir sur la présente campagne. C'est Ernie qui devrait se tenir sur la défensive et l'opposé pour son adversaire Dalton. Que voit-on, qu'entendons-nous? Des attaques verbales de part et d'autre, surtout de la part de Slicky Ernie qui a réussi à remonter de plus de quinze points dans les sondages en dedans de deux semaines de campagne et ce, parce qu'il a porté des jabs à son adversaire et aussi, parce qu'il a parlé de son passé de leader lors des crises de l'électricité et surtout pendant celle de la grippe qui nous venait de Hong Kong. Il a su garder la tête froide. Il a démontré qu'il était l'homme de la situation. Ernie ne se gêne pas pour traiter son adversaire d'incompétent et, à mots couverts, de con de première classe. Ce n'était pas le cas de Dalton qui est demeuré muet pendant les crises. Ernie a tronqué ses beaux habits et ses chemises à boutons de manchettes pour des chemises à boutons ordinaires et il a relevé ses bras de chemise pour montrer qu'il travaille fort. Il a l'air moins empesé et il a aussi abandonné la cravate pour la campagne. Dalton, pendant ce temps, se contente de répondre aux attaques sur sa personnalité et de critiquer les politiques des Conservateurs sans jamais apporter de solutions aux problèmes qu'il critique. Son programme: rien, sauf de copier celui des Conservateurs, à quelques variances.

L'image de Dalton. C'est un bel homme assez crispé parce que l'inquiétude se réfléchi dans son allure. Il ressemble beaucoup à l'acteur décédé des suites du sida: Antony Perkins, vous savez, celui qui personnifiait le sadique dans le film d'Alfred Hitchcock qui s'intitulait "Psycho". Le parti Libéral gagne les sondages entre les élections mais les Conservateurs remontent la pente pendant la campagne pour plusieurs raisons. Contrairement aux Québécois qui ont une mémoire politique de six mois, selon un ancien ministre Libéral du nom de Cité, les Ontariens, ont la mémoire longue. Ils ont élu les Conservateurs au provincial pendant quarante-trois années consécutives. Ils leur ont donné un congé de dix ans. Les Libéraux ont été au pouvoir pendant un terme et un tiers. Ils ont battu les Conservateurs, ils ont fait des déficits puis se sont corrigés par la suite lors du deuxième terme. Très arrogants, menant par plus de vingt points dans les sondages, Peterson a déclenché des élections et Bob Rae a remporté celles-ci par la peau des fesses. Bob Rae a réussi l'exploit de quadrupler le déficit de la province en dedans de cinq années de pouvoir. Le joueur de golf Mike Harris a remis les Conservateurs au pouvoir et c'est le seul politicien que je connaisse qui a tenu la plupart de ses promesses électorales. Il a surtout tenu tête aux syndicats, il a effacé le déficit, il a coupé dans les dépenses et il avait compris que c'est la petite et la moyenne entreprise qui créait les emplois. Il leur est venu en aide en coupant dans la paperasse, pas en donnant des subsides comme on le fait ailleurs, sous savez de qui de fais mention. Son gouvernement ne comprenait que quatre avocats. Du jamais vu. La plupart étaient et sont encore des hommes d'affaires de petites et de moyenne entreprise. Bref, ceux qui peuvent trouver des idées pour créer des emplois.

Ernie prêche la continuité sauf que sa personnalité diffère de celle de Mike Harris qui était reconnu comme étant un straight shooter tandis que Ernie Eves est reconnu comme étant très slick, d'où provient son surnom. Je ne connais que Daniel Johnson père qui louvoyait probablement mieux que Ernie Eves. Lorsque ces deux personnages terminent un discours, on se demande ce qu'ils ont dit et ce qu'ils ont omis de dire. Il faut le faire. Eves se veut un homme très brillant, contrairement à son prédécesseur. Il est avocat et on me rapporte qu'il a terminé ses études de droit en première place pour toutes les universités confondues.

Par contraste à l'image crispée de celui qui ressemble à un psychopathe, cet homme d'un certain âge a rajeuni son image en se coiffant les cheveux peignés à la Elvis parce qu'il a la chance de posséder suffisamment de cheveux pour un homme de son âge. Il semble crédible et il n'hésite pas à mentionner que son passé est le témoignage de l'avenir, qu'il a fait ses preuves lorsqu'il était ministre des finances alors qu'il a réduit les impôts des particuliers de plus de trente pour cent et surtout qu'il a remis les finances de la province sur le bon pied. Il veut maintenant proscrire le droit de grève pour les enseignants et pour les employés des hôpitaux. Il promet de couper des postes administratifs dans les commissions scolaires ainsi que dans les services de la santé. Il frappe dans le mille. On en demande encore. Les Ontariens que je connais disent qu'avec Ernie, on sait à quoi s'attendre tandis qu'avec Dalton, il faut s'attendre à tout parce qu'il change de cap constamment.

Quant au NPD, leur chef effectue une bonne campagne, il est consistant dans ses propos qui le mèneront à la défaite parce que les Ontariens ne sont pas des friands de politiques socialisantes qui coûtent cher et aussi parce qu'ils se rappellent l'ère Bob Rae.

Autre contradiction. Ernie qui vit en common law avec une certaine dame du nom de Bassett. Le divorce de M. Eves a fait beaucoup de bruit à l'époque. Il a déclaré lors de la campagne qu'il était personnellement contre le mariage entre conjoints du même sexe. Il s'est rallié les esprits conservateurs de la province.

Par contre, Dalton, marié, catholique, père de plusieurs enfants s'est prononcé en faveur du mariage de conjoints de même sexe.

Que comprenez-vous?

La suite: dans la boîte de scrutin.

La Déroute

Publié par La Tribu du Verbe le 13 septembre 2003 à 12:41 PM TrackBack Commentaires (2)