![]() |
![]() |
|


Voici quelques vers tirés de " Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne" de Pablo Neruda.
LA CHANSON DU CHATIMENT
Mais nous ne comptons pas sur son repentir,
n'attendons pas du ciel ce travail-là :
celui qui sur la terre fait souffrir
doit rencontrer ses juges ici-bas,
pour la justice et pour l'exemple même
Point ne l'anéantirons par vengeance
mais par ce que je chante et que je sème :
ma raison est la paix et l'espérance.
Oui nos amours sont ceux de tout le monde.
Il ne se détruit pas l'insecte avide
mais se love et cloue son venin immonde,
tant qu'avec la chanson insecticide
je ne brandirai pas mon encrier.
J'en appelle aux hommes pour bien rayer
le Chef couvert de sang, couvert de fiel
qui commanda, par la mer, par le ciel,
que ne vivent plus des peuples entiers,
des peuples d'amour, peuples de sagesse
qui à l'autre bout de notre planète,
au Vietnam lointain, dans les fermes, liés
aux rizières, à blanches bicyclettes
érigeaient l'amour avec l'allégresse :
peuples que Nixon, cet analphabète,
ne connaissait pas même de leur nom
et que d'un décret il tue sans pardon :
le lointain chacal si indifférent.
D'UN VERS LIMPIDE
Transperçons Nixon, le fou, le furieux
d'un vers limpide et d'un coeur rigoureux
Ainsi je décidai qu'on en finisse
avec Nixon, d'un coup de feu de justice ;
j'ai mis des tercets dans ma cartouchière.
Et, pour les futurs procès populaires,
ouvrant les portes, passant les frontières,
j'ai recruté des hommes qui se taisent
qui sont tombés aux printemps sanguinaires.
JOURNAL DE PERROQUETS
Et depuis New York ils sont louangés
par le Gérant de la Pepsicola :
(qui s'est comporté comme un vrai soldat :
fuyant avec son fric la queue baissée.)
Instruisant de là-bas ses " vieux tableaux"
chaque jour pontifie El Mercurio :
Nixon lui dicte ses éditoriaux.
C'est un journal " chilien" ma Bonne Mère !
Aïe quel cynisme, quels tristes oiseaux
que sont tous ces perroquets de volières !
Publié par Tartagnan le 11 septembre 2003 à 02:40 PM
TrackBack
Commentaires (0)