Le culot des barbares

On se souvient tous que les États-Unis, sous la poussée du gouvernement belliqueux de Doublevé, ont envoyé promener la communauté internationale cet hiver lorsque leur résolution visant à attaquer l'Irak a été rejetée par les membres de l'ONU. Bush lui-même affirmait, avec son arrogance habituelle, que les Nations-Unies avaient le choix entre "appuyer la résolution américaine ou n'être qu'une société de palabres" comme la défunte Ligue des Nations. Nous connaissons la suite. Sans l'aval de la communauté internationale, les USA ont décidé de procéder à l'invasion militaire de l'Irak tout de même, bafouant la volonté du reste du monde et humiliant l'ONU, remettant même sa pertinence en question, puisque les Nations-Unies s'avéraient incapables de stopper l'agression illégitime des États-Unis et incapables de passer une résolution visant à la condamner.

Quelques mois plus tard, reste-t-il une seule personne qui pense que ces fameuses armes de destruction massive seront trouvées un jour en Irak? Il est devenu limpide que les preuves présentées à la communauté internationale pour justifier cette opération militaire n'étaient que de la pure propagande.

Voici le portrait actuel de l'occupation américaine en Irak:

-Les troupes américano-britanniques sont victimes d'attentats quotidiens (10 blessés + 1 mort par jour en moyenne).

-Les frais de l'occupation s'élèvent à 3,9 milliards de dollars US mensuellement.

-Bush est obligé de quémander un autre 60 milliards au Congrès pour la reconstruction de l'Irak alors que les USA se dirigent vers le plus gros déficit de leur histoire.

-Il y a 1,4 millions de pauvres supplémentaires aux USA cette année selon les plus récentes statistiques, ce qui fait un total de 34,8 millions de pauvres, presque l'équivalent de la population du Canada.

Si l'on rajoute l'élection présidentielle de 2004 qui approche à grands pas, il est de première nécéssité pour le gouvernement Bush de se tirer du merdier qu'il a créé s'il ne veut pas devenir, comme beaucoup le souhaitent (et comme son père), un "One-Term President". Bush a donc décidé de passer à l'action, en demandant l'aide de la... communauté internationale et de l'ONU, sur lesquels il a craché il n'y a pas six mois. Est-ce du pur culot ou un simple manque d'amour-propre qui a motivé cette initiative?

C'est Colin Powell (la colombe noire) qui fût dépêché à l'ONU avec ce nouveau projet de résolution. Il faut dire que Powell n'a plus beaucoup d'amour-propre depuis qu'il est allé à l'ONU avec des documents provenant du travail d'un étudiant, effectué 12 ans plus tôt, pour tenter de berner ses pairs de la diplomatie mondiale. Il est habitué au ridicule et aux basses oeuvres. Par sa voix, les États-Unis demandent à l'ONU de lui fournir de la chair à canon multinationale, trouvant injuste qu'eux seuls essuyent des pertes humaines. Ils n'acceptent toutefois pas de se départir du contrôle qu'ils exercent sur le pays, puisque cette force multinationale devrait répondre aux ordres des Américains. Comment refuser une proposition si alléchante?

Pourtant, la France et l'Allemagne ont déjà émis de "sérieuses réserves" quant à la proposition. Espérons que notre gouvernement canadien (qui est déjà en train d'essayer de réparer le merdier que les USA ont foutu en Afghanistan) ne se laissera pas influencer et n'appuyera pas cette résolution visant à envoyer nos compatriotes en Irak se faire tuer à la place des Amerloques.

Ils n'avaient pas besoin de l'appui de communauté internationale pour déclarer la guerre, alors, qu'ils se démerdent!

Publié par Bob L'Aboyeur le 04 septembre 2003 à 12:33 PM TrackBack Commentaires (4)