L'expression de la semaine

Autant au provincial qu'au fédéral, on cherche à privatiser les services publics. Mais le défi est de privatiser sans dire le mot honni, puisque les différents gouvernements savent très bien que le mot "privatisation" n'est pas très populaire auprès de la population, sauf peut-être auprès du Conseil du Patronat, puisque ce sont bien évidemment les patrons qui bénéficieront de la privatisation, pas les employés et encore moins les usagers.

L'appellation de choix pour parler de privatisation sans dire le mot est sans doute "sous-traitance", terme utilisé à profusion depuis quelque temps avec les modifications qu'entend apporter le gouvernement Patapoufien au Code du Travail. En fin de semaine, suite à la sortie alarmiste de Monique Jérôme-Forget quant à la piètre qualité de l'eau au Québec (ce qui laisse entrevoir la privatisation... euh, la sous-traitance du réseau d'aqueducs sous ce prétexte), Jean Charest a réussi la plus belle entourloupette de vocabulaire qui soit à ce sujet, une vraie déclaration de politicien.

Un journaliste lui demandait s'il avait l'intention de privatiser l'eau au Québec, ce à quoi il a répondu:

"Nous ne privatiserons pas l'eau, nous allons plutôt explorer de nouveaux partenariats avec le privé".

Holà! Y'a-t'il un linguiste dans la salle pour nous expliquer la subtile différence entre "privatiser" et "explorer de nouveaux partenariats avec le privé" ? Jean Charest pense probablement qu'on est trop cons pour comprendre que derrière la tournure ampoulée de sa réponse se cache encore le mot "privatisation".

Publié par Bob L'Aboyeur le 16 septembre 2003 à 12:50 PM TrackBack Commentaires (6)