Du vol pur et simple

Nous avons reçu ce texte d'Alain Thomas qui traite de la réforme que désire faire le gouvernement patapoufien au niveau de l'âge de la retraite. Nous vous rappellons que vous pouvez nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse webmestre@latribuduverbe.com.

Le gouvernement s'apprête à voler les plus démunis en catimini, surtout des femmes. Ça commence par un article anodin, faut pas faire de bruit. "Québec veut inciter les gens à travailler après 65 ans" (Presse Canadienne (PC), Norman Delisle 23/10/2003 17h13). J'ai lu l'article, voilà ce que je dénonce.

Que de paradoxes dans le projet du ministre Béchard. Notre ministre de l'emploi tente de nous prendre pour des valises pour remplir le coffre de l'État. Dans la Presse canadienne, on apprend par Norman Delisle le 23/10/2003 que le Régime des rentes du Québec sera modifié, on veut inciter les travailleurs de 65 ans et plus à travailler plus longtemps. Nous pourrons prendre notre retraite à 60 ans sans pénalité, mais ceux qui travaillerons au-delà de 65 ans auront droit à un tout petit bonbon 0,7 pour cent par mois supplémentaire au cours duquel ils accepteront de travailler. A-t-on prévu un maximum ? Jusque là, rien de bien grave.

Le ministre de l'Emploi, Claude Béchard, nous dit sans rire : "Il faut adapter le régime des rentes aux nouvelles réalités du Québec", en rendant public un document qui servira de base aux discussions sur les changements à apporter au régime. Pourquoi tout à coup modifier à la hâte ?

Le ministre nous apprend que la population du Québec vieillit rapidement, 24 pour cent de la population aura 65 ans ou plus dans 30 ans, cette proportion est de 12 pour cent actuellement. De plus, 72 pour cent des femmes occupent un emploi aujourd'hui, contre 35 pour cent en 1966. Mais d'ici 30 ans des millions auront cotisé au RRQ, pourquoi nous dire qu'il faut adapter le régime aux nouvelles réalités du Québec.

Le ministre nous dit que quelque 640 000 emplois seront disponibles d'ici quelques années, à la suite de la retraite des "baby boomers". Il n'est pas sûr que tous ces emplois pourront être comblés uniquement par des jeunes qui sortent des écoles. Pourquoi ne pas s'attarder à former plus d'étudiants ? Mais pourquoi ne pas tout simplement permettre aux gens de continuer à travailler ? Pourquoi un petit bonbon ? Pourquoi permettra-t-on la retraite sans pénalité à 60 ans si on ne pouvait combler les futurs emplois comme nous apprend le projet ?

Le ministre ose nous dire : "Ce nouveau portrait de la société québécoise impose au régime des rentes des ajustements qui le rendront plus flexible, plus simple et plus équitable".

En fait, le ministre ne pense qu'à ajuster le régime à la taille de la poche du gouvernement.

Le ministre nous dit du même trait qu'il n'y aura aucun impact sur la rentabilité à long terme du régime ! Le financement du régime est actuellement assuré pour les 50 prochaines années, alors pourquoi tout à coup cet intérêt pour " notre bien " ? Il y a plus de monde sur le marché du travail, 72% des femmes sont au travail, et nous aurons 640 000 nouveaux emplois à l'horizon ! De quoi combler les coffres en impôts et en taxes.

Les changements suggérés :

ï Un travailleur sera admissible à la prestation de retraite sans pénalité dès 60 ans, mais sa rente serait toutefois augmentée s'il travaille au-delà 65 ans. Mais de 60 à 65 qu'arrive-t-il ? Pourquoi abaisser l'âge admissible sans pénalité pour ensuite le bonifier ? On aura un problème parce que la population sera trop âgée et touchera les prestations de la RRQ, mais on en mettra plus à la retraite et plus tôt !

Le chat sort du sac

ï La rente au conjoint survivant qui n'est pas à la retraite ne serait plus versée à vie, mais seulement pour trois ans. Par contre, la rente d'orphelin triplerait, passant de 59 $ à 187 $ par mois jusqu'à ce que l'orphelin atteigne 18 ans. Elle serait indexée.

ï Les documents produits par la RRQ établissent que les prestations d'aujourd'hui ne sont pas adaptées à la multiplicité des modèles familiaux. De nos jours, le quart des familles sont monoparentales et le partage traditionnel des rôles au sein de la famille a bien évolué.

Près de 1,2 millions de Québécois sont actuellement bénéficiaires du régime de rentes. La prestation mensuelle moyenne de retraite est de $390, il y en a des moindres et des plus, vu que c'est une moyenne. La majorité des rentes aux conjoints survivants sont versées à des femmes. La RRQverse $6,6 milliards / an en rentes de toutes sortes.

Notre gouvernement provincial n'a rien à envier au fédéral qui vole la caisse d'assurance chômage tout en réduisant l'accessibilité. Les soulignés étant miens je les explique.

On veut abolir la rente au conjoint survivant, dont la plupart des bénéficiaires sont des femmes. Donc, le conjoint cotise toute sa vie et même au-delà de 65 ans. Un joli petit magot s'accumule à son nom au RRQ. Monsieur décède, sa conjointe n'aura pas droit au magot, seulement trois ans à + -$390 /mois en moyenne. La différence ira dans les coffres de l'État. Un vol pur et simple sur le dos des cotisants(tes).

Où le gouvernement tombe encore pus bas c'est quand il tente de se servir des enfants pour faire passer son vol en douceur ! Regardez comme nous sommes bons pour les orphelins ! Faisons le calcul, au pire 18 ans à $187 pour un orphelin et trois ans de rente au conjoint survivant pour le parent, tout en empochant l'excès de cotisation, contre 15 à 20 ans à une moyenne de $390 par mois pour le conjoint survivant.

En plus le ministre nous parle de " familles monoparentales " ! Mais si le parent est seul, sans conjoint, il n'y a pas de possibilité de rentes au conjoint survivant ! On versera une rente à l'orphelin jusqu'à 18 ans et le reste du montant accumulé par le parent non gardien au RRQ ira dans les coffres de l'État. Le ministre relit-il ses discours avant de les rendre publics ?

Le seul but ici est de s'accaparer des fonds du RRQ, point. Qui en souffrira le plus? Les conjointes survivantes qui devront se tourner vers l'aide sociale après trois ans.

Le projet de réforme de la RRQ sera débattu lors d'une vaste consultation publique qui se déroulera au printemps 2004. J'espère qu'hommes et femmes s'entendront pour s'opposer à la fin de la rente aux conjoints survivants. Entre laisser un héritage à ma conjointe ou au gouvernement, le choix n'est pas dur à faire, je ne partage pas ma vie avec le gouvernement.

Alain Thomas

Publié par La Tribu du Verbe le 30 octobre 2003 à 11:48 AM TrackBack Commentaires (5)