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Nous avons reçu ce texte de La Déroute qui commente le résultat des dernières élections en Ontario, du point de vue d'un partisan de la "révolution du bon sens" de Mike Harris. Nous vous invitons, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse webmestre@latribuduverbe.com.
L'ONTARIO A DÉCIDÉ
Je voue une certaine admiration pour Mike Harris parce que c'est le seul politicien que je connaisse qui a promis des baisses d'impôts. Lorsqu'il a pris le pouvoir, les finances de l'État se trouvaient dans un piteux état. Les Libéraux sous Peterson avaient augmenté la part du déficit de la province et les Néo-démocrates ont fait mieux en quadruplant le déficit de la province en cinq ans.
Comme tour de force, on ne saurait faire mieux. Ernie Eves, le ministre des finances sous Harris a réussi à contrôle les dépenses et à réduire les impôts pour, au bout de quelques années réussir à éliminer le déficit accumulé par ses prédécesseurs et montrer des surplus dans les états financiers de la province. Pour ce faire, il a été obligé de déplaire à plusieurs en pelletant des responsabilités dans le champ des municipalités qui le lui ont fait savoir pendant la campagne parce que ces responsabilités se traduisaient en augmentation de taxes municipales de toutes sortes.
La campagne a débuté par des injures et s'est terminée de même. Aucun débat de fond. Pour plaire à tous pour se gagner des votes, notre cher Dalton McGuinty a multiplié les promesses de touts acabits, sachant très bien qu'il ne puisse pas les rendre. Il a créé certains espoirs pour les citoyens, mais, ces espoirs s'envoleront, tout comme les oies du Canada s'envolent à cette époque de l'année vers des cieux plus chauds.
Un des candidats battus à la chefferie du PC, Flaherty, a déjà dit que McGuinty était incapable de battre les Conservateurs, que si les Conservateurs perdaient l'élection, ce serait parce qu'ils se seraient battus eux-mêmes. Il avait raison. Depuis que Ernie Eves a pris la relève de Mike Harris, on ne savait plus où le PC se situait. Eves voulait parfois se diriger vers le centre, puis vers la droite, puis un peu à gauche. Rien n'a fonctionné. C'est pourquoi je l'avais traité de < slicky Ernie >. Dalton est pire. Jamais il ne répond à une question directement. Aucun être raisonnable ne peut comprendre ses propos, tellement ils sont ambigus. On comprend qu'il promet l'impossible pour plaire à tout le monde et le lendemain, il renie ses dires de la veille. Lorsque les Conservateurs émettaient des doutes pendant la campagne quant à ses capacités intellectuelles, ils avaient probablement raison mais ils avaient tort de le dire publiquement parce que ça paraissait. Ils auraient du passer le message des déficits accumulés des Libéraux et des NPD, faire des comparaisons, citer les pertes d'emplois et les fermetures d'usines à l'époque et comparer le tout avec la situation actuelle. De cette façon, ils auraient eu plus de chances de remporter l'élection.
Les candidats à la députation des deux principaux partis se valent. Il est difficile de les départager selon leurs compétences. Beaucoup d'anciens ministres sous Peterson se sont représentés et ont remporté leur élection. Ça va aider McGuinty s'il sait bien s'entourer. Dans la région d'Ottawa, on prévoit déjà que Madeleine Meilleur, ancienne infirmière devenue avocate, native de Mont-Laurier, serait nommée ministre des affaires francophones. On ne doute pas qu'elle obtiendra une oreille attentive du Premier ministre qui est lui-même francophile, bilingue. Il a cru au bilinguisme en apprenant le français qu'il maîtrise passablement bien et il a dirigé ses enfants dans des écoles catholiques anglaises, dans des programmes d'immersion en français.
Et les francophones dans tout ça? Les Conservateurs se moquent éperdument de ceux-ci pour les raisons suivantes: les francophones représentent environ 500 000 citoyens sur 12 000 000 millions d'anglophones et d'allophones de toutes sortes et de plus, sauf dans quelques comtés qu'on puisse compter sur les doigts de la main gauche, ils sont éparpillés partout dans la province. Autre raison, le français devrait devenir une langue de folklore d'ici quelques générations à moins que les francophones de la province se prennent en main au plus tôt étant donné qu'ils sont assimilés à un rythme d'enfer. La plupart de ceux-ci ne sont plus fiers de leur langue, parlent souvent entre eux en anglais, très peu savent encore écrire en français et souvent, lorsqu'ils parlent le français, leur discours est truffé d'anglicismes et de calques de toutes sortes.
On peut déjà prévoir que le gouvernement McGuinty sera plus sensible aux affaires sociales que le gouvernement précédent. Mais, il ne faut pas ignorer que le social se veut très dispendieux et ne rapporte pas. Que va-t-il faire pour contrer les dépenses excédentaires du social? Il a déjà promis qu'il était pour augmenter les impôts sur les profits des compagnies. Ça, ce sera une gaffe magistrale s'il tient cette promesse parce que les petites et moyennes entreprises sont le moteur de l'économie en Ontario. Lorsque Mike Harris s'est emparé du pouvoir en Ontario, les petites entreprises devaient débourser 15 p.c. de leurs profits en impôt au fédéral et 15 p.c. au provincial. Après huit années de pouvoir conservateur, ces mêmes entreprises déboursent maintenant 6 p.c. d'impôt sur les profits au provincial et Eves leur promettait de réduire leurs impôts à 4 p.c. dans un avenir rapproché. J'ai ouïe dire qu'au Québec les petites et moyennes entreprises sont cotisées au même taux qu'au fédéral ou à peu près. Les impôts sur les profits ainsi que l'élimination de formulaires administratifs de toutes sortes sont quelques-unes des raisons pour laquelle l'économie de l'Ontario a prospéré plus que l'économie de tous les pays du G7 ensemble. C'était du Eves-Harris. L'avenir nous dira ce que Dalton McGuinty et son équipe feront. Espérons qu'il ne respectera pas cette promesse farfelue. En attendant, il faut donner la chance au coureur...
Publié par La Tribu du Verbe le 04 octobre 2003 à 02:32 PM
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