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Montréal, le 25 novembre 2003 La Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) dénoncent la discrimination exercée à l'égard des personnes itinérantes par l'émission de contraventions abusives. Plus de 700 contraventions ont été recensées, celles-ci étant trop souvent émises pour des motifs plus que discutables.
La Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville et le RAPSIM ont récemment déployé l'Opération Droits devant 2003 qui vise une pratique systématique de défense des droits des personnes dites itinérantes. Réalisé l'été dernier avec l'aide d'une trentaine d'organismes, le projet consistait à recueillir des contraventions émises à des personnes itinérantes, une première à Montréal! L'analyse de ces données révèle qu'une forte discrimination s'exerce auprès des personnes itinérantes relativement aux infractions reprochées.
Alors que la majorité des citoyens utilisent l'espace public comme lieu de transit entre un point et un autre, les personnes itinérantes, à cause de leurs conditions socio-économiques, l'utilisent comme lieu de socialisation, d'activités économiques ou encore comme habitat. Utiliser l'espace public autrement que la norme génère un malaise social dans la mesure où cela devient suspect, source d'insécurité et donne lieu à une présomption de criminalité. Pourtant, la majorité des infractions reprochées à ces personnes ne comportent aucun danger pour la sécurité publique et même que ce sont des infractions commises par Monsieur et Madame tout-le-monde pour lesquelles on ne punit que les personnes itinérantes. "Plusieurs de ces personnes reçoivent un constat d'infraction pour ne pas s'être conformées aux feux de circulation, indique Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Combien de personnes, chaque jour, traversent la rue sur un feu rouge à Montréal?".
Loin de sortir qui que ce soit de l'itinérance, la judiciarisation ne parvient qu'à déplacer les populations itinérantes d'un quartier à l'autre ou à les mener en prison. Ces déplacements et ces incarcérations ont pour effet de court-circuiter le travail des organismes communautaires, le suivi des interventions étant pratiquement impossible dans ce contexte. "En somme, l'État finance, d'un côté, une intervention répressive (policière) et de l'autre, des services sociaux via les organismes qui viennent en aide aux personnes itinérantes. Il existe donc une totale contradiction entre ces deux approches, indique France Labelle, porte-parole de la Table jeunesse/itinérance du centre-ville. Il est plus que temps que les autorités politiques agissent de façon plus cohérente".
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Source et pour plus d'informations :
Bernard St-Jacques (RAPSIM) (514) 879-1949 Cellulaire (514) 909-4107
Josée Boisvert (Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville)
Publié par CyberItinéraire le 25 novembre 2003 à 07:13 PM
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