Pauvreté : bouc émissaire

On aura beau en changer la définition et en manipuler les chiffres, la pauvreté est en augmentation au Québec. Tout le monde a une opinion sur le sujet, ses causes et bien sûr les solutions... Pendant ce temps, les personnes démunies tentent de se forger une identité entre la compassion des uns et le mépris des autres. Le problème avec notre société, c'est qu'elle véhicule l'idée de deux catégories de pauvres: les bons et les mauvais.

La catégorie des bons pauvres regroupe les personnes âgées, les handicapé-es, mentaux et physiques, les invalides et peut-être quelques mères monoparentales à condition qu'elles soient dans la misère noire (et encore), pour espérer susciter la moindre compassion. Les bons pauvres sont donc ceux-celles-qui-sont-pauvres-mais-ce-n'est-pas-de-leur-fauteÝ!

Les mauvais pauvres sont donc, selon la croyance, les assistés sociaux "aptes au travail", les itinérant-es, les personnes dépressives, les alcooliques, les jeunes, les toxicomanes, bref ceux-celles-qui-n'ont-qu'à-travailler-s'il-veulent-s'en-sortirÝ! Ceux que l'on traite le plus souvent de "parasites", de "profiteur du système", ceux et celles pour qui l'on "paie des taxes". Ceux-là n'ont aucune chance d'inspirer autre chose que du mépris de la part de la population dite active.

La classe moyenne est celle qui supporte le plus lourd fardeau fiscal. Elle éprouve donc un grand sentiment de frustration et d'injustice. Selon une étude qu'a coréalisée Léo-Paul Lauzon, professeur d'économie à l'UQAM, la part d'impôt que payaient les particuliers en 1950, représentait 51% du total et celle des entreprises 49%. En 2002, les choses ont beaucoup changé et les particuliers se tapent desormais 77% du fardeau fiscal pendant que les entreprises s'en tirent avec un confortable 23%Ý! C'est sans compter le congé fiscal de 10 ans dont bénéficient les investisseurs étrangers et les 40 compagnies québécoises qui ne paient pas d'impôt du tout.

Lire l'article de Stéphanie Leblanc qui explique comment se construisent et se propagent les préjugés.

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Publié par Sisyphe le 30 janvier 2004 à 11:25 AM TrackBack Commentaires (40)