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Depuis quelque temps, nous pouvons entrevoir dans notre lutte contre le capitalisme un certain laisser faire assez dérangeant. Je tenterai donc de cerner les paradoxes de l'anti-mondialisation (ou devrais-je dire de l'altermondialiste?).
Lors de la dernière manifestation, soit celle du 20 novembre 2003, j'ai ressenti un certain désenchantement face aux perspectives de changement social et structurel. Les gens se font de plus en plus discret face à leur engagement, plus personne ne veut s'impliquer dans un groupe militant. Serais-ce par peur du changement ou simplement par paresse intellectuelle? Depuis le Sommet des Amériques en 2001, les luttes anti-capitalistes se font de moins en moins révolutionnaires et de plus en plus réformistes. Nous ne voulons plus faire tomber le système en place parce qu'il n'est pas si pire tout de même!!
Je dis Wô! les moteurs! Il n'y a pas trois ans, tous les jeunes se disaient de fiers révolutionnaires et maintenant, ils se réclament de l'altermondialisation. Du réformisme à l'État pur. Bien que je n'ais pas quelque chose contre ce derniers, j'ai de la difficulté à concevoir leur idéologie. Elle n'est ni pour ni contre le fait de l'autorité, le capitalisme n'est pas bon, mais nous pouvons toujours l'améliorer, les syndicats sont tous corrompus, mais il faut s'engager à leurs côtés, blablabla!! Maintenant, que les médias leurs ont collé l'étiquette de "faiseux de trouble" et qu'ils ont inventé et propagé l'idée de l'altermondialisation, les gens ont intériorisés le fait qu'il ne doivent nullement déranger les plus bourgeois.
Les gens ont aussi peur de la répression policière. Bien que normale cette peur est alimentée par les médias, rappellons-nous la page titre du journal de Montréal lors des rencontres de l'OMC à Montréal. Les jeunes et moins jeunes se replient sur leurs positions, n'essaient plus changer, mais juste d'affirmer leur désaccord.
Ou je veux en venir c'est au fait que de plus en plus les jeunes se font gober par le système. Il y a un adage qui dit:"Si tu n'es pas révolutionnaire à vingt ans, tu sera mort à 50!" J'ai toujours dis que se révolter contre ces parents c'est se tromper de cible, je crois que maintenant c'est la grosse mode chez nos jeunes.
Peut-être aussi c'est le manque d'espoir en un renouveau politique qui fait en sorte de cette dépolitisation de la société. J'entends souvent, dans le milieu millitant, aussi que les gens sont fatigués des manifestations sans buts ou qui ne mènent à rien. Peut-être est-il vrai que la méthode est quelque peu dépassée, mais que nous reste-t-il de cette liberté d'expression? Que ferons-nous pour démontrer notre opposition aux politiques néo-libérales? Ne ferons-nous que des sites internet, ou nous descendrons dans la rue pour réclamer nos droits d'existence? Peut-être suis-je trop exalté, naïfs à la limite, mais cela n'empêchera nullement le fait du poid politique de l'opinion de la masse.
Publié par Jean Rage le 14 janvier 2004 à 12:43 AM
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