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Saguenay, le 14 février 2004. Les travailleurs de lusine Alcan dArvida tiennent leur occupation de façon responsable et sécuritaire. Leur revendication dune usine de remplacement est conforme à lengagement pris par la compagnie dans lentente de 1993. La proposition de nationaliser les installations électriques de la compagnie est pertinente et responsable. Elle prouve que cette lutte nest pas restreinte aux seuls intérêts immédiats des syndiqués. Ces travailleurs se battent pour la survie de leur région et pour le développement du Québec.
Limpasse persiste après deux semaines doccupation et le rejet en début de semaine par les travailleurs de la proposition de règlement de lAlcan. La pierre dachoppement étant justement le remplacement de lusine à cuves S–derberg que la compagnie a récemment décidé de fermer dix ans plus tôt que prévu. Les deux parties ont malgré tout montré des signes douverture. Le médiateur spécial nommé par le PM Charest doit faire rapport dans 3 jours.
Appui unanime
Lun des faits saillants de cette lutte est lappui unanime de toute la région. Malgré le caractère audacieux du moyen de pression retenu, loccupation de lusine et la poursuite de la production censée sarrêter progressivement depuis lannonce de sa fermeture, les principaux acteurs sociaux, députés, maires, commentateurs politiques, etc. ont donné leur appui à cette lutte et se sont gardés de condamner laction syndicale qui dailleurs pourrait ne pas être considérée comme une grève au sens de la loi (i.e. ralentissement de travail). Jusquici, malgré quelle soit détentrice dune injonction, la compagnie na pas encore eu recours à la manière forte pour faire cesser loccupation. Mais la tension monte et il y a lieu de souhaiter un dénouement heureux de cette délicate situation. LAlcan doit respecter ses engagements et faire un pas de plus.
Nationalisation
Toutefois, contrairement à ce quaffirme léditorialiste du Quotidien dans son édition du 11 février 2004, il ny a pas lieu de rejeter la proposition syndicale de nationaliser les installations hydro-électriques de la compagnie. Se faire lépouvantail à moineau au nom de la compagnie en affirmant que cela chasserait celle-ci de la région est également déplacé. Dans une perspective de prise en charge collective de la région et de nos ressources naturelles, la proposition de la nationalisation est tout à fait responsable. Pour une fois quun syndicat fait une proposition à caractère politique, il faut le saluer. Certes, cette question ne se règlera pas dans le cadre des négociations entre le SNEAA et lAlcan. Mais le Premier ministre du Québec doit entendre le message. Un message qui nest pas nouveau et qui revient de manière cyclique dans la région. Pour lUFP, la nationalisation devrait sétendre à toutes les ressources naturelles qui devraient être exploitées dans lintérêt collectif et en harmonie avec les besoins des collectivités locales. La prise en main de la région nécessite la récupération des pouvoirs que nous avons cédés aux grands centres et aux compagnies transnationales. Il est plus que temps de nous débarrasser des arguments de colonisés quagitent certaines élites pour nous empêcher de nous prendre en main. Ce ne sera pas facile certes. Mais continuer de subir passivement la saignée de nos régions est-il plus facile en fin de compte ?
Publié par UFP le 14 février 2004 à 01:00 PM
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