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"Quand je lis le rapport, chaque fois, je deviens en colère."
Sheila Fraser, vérificatrice générale
La vérificatrice générale, Sheila Fraser, vient de déposer les résultats de son enquête sur le programme des commandites. Elle confirme ce que nous savions tous déjà: qu'un système généralisé a été mis en place au sein du gouvernement Chrétien pour détourner des fonds publics au profit des amis du régime. Nous en apprenons par contre davantage sur l'ampleur de cette fraude. Il y a des cas où certaines compagnies touchaient 12% de comission uniquement pour émettre un chèque, lorsque les factures n'étaient pas carrément fictives. Un vol de notre argent frôlant les 100 millions de dollars. Il n'y a pas seulement des agences de publicité comme Groupaction ou Groupe Everest d'impliquées, mais aussi des sociétés d'État comme Postes Canada, Via RAIL et... la GRC! On peut d'emblée dire adieu à toute forme de justice dans ce dossier.
La vérificatrice qualifie le comportement du gouvernement "d'alarmant". Non seulement cette fraude systématique est alarmante, mais ce qui l'est encore davantage, c'est de savoir que la plupart des honorables coupables vont s'en tirer, en toute impunité. Peut-être trouvera-t'on un fonctionnaire ou deux pour prendre l'ensemble du blâme, mais Jean Chrétien par exemple, qui a réussi à retarder le dépôt du rapport jusqu'à son départ de la vie politique, ainsi que l'ensemble des ministres coupables qui ne sont plus au Parlement (Boudria, Coderre, etc), il est limpide que ces gens-là ne seront pas inquiétés.
La plupart des médias affirment que le rapport "a fait une première victime", soit Alfonso Gagliano, qui est démis de ses fonctions d'ambassadeur au Danemark. Gagliano une victime? Un criminel, un fraudeur, un mafioso politique, mais une victime? La première réaction de cet ancien chef de la propagande est de refuser de rentrer au pays et de menacer le gouvernement de poursuites. Tout à fait les agissements d'une personne qui n'a rien à se reprocher, d'une victime. Gagliano devrait être en prison. On enferme des fraudeurs de bien moindre envergure, mais nous savons que cet exécuteur des basses-oeuvres ne sera pas puni, au pire blâmé. Et après on viendra douter qu'il existe deux justices, une pour les nantis et les puissants et une pour le reste de la population, c'est à dire nous.
On nous prends vraiment pour des cons. Paul Martin affirme sans rire qu'il n'était pas au courant de toutes ces malversations. C'est vrai qu'il était seulement Ministre des Finances, et qu'il ne faisait que donner 50 millions de dollars annuellement à ce programme! Il vient ensuite nous dire que c'est "inacceptable" dans un système démocratique et qu'il fera tout en son pouvoir pour que ça ne se reproduise plus. Paul Martin est très mal placé pour nous parler de démocratie et d'éthique, puisqu'en plus d'être derrière le putsch Libéral qui l'a mis Premier Ministre du pays, nous savons tous comment sa compagnie, la CSL, n'a pas payé d'impôts puisqu'elle est enregistrée dans des paradis fiscaux, tout en suçant les subventions publiques canadiennes.
De plus, Paul Martin décide de nommer un avocat-conseil pour "récupérer les fonds publics perdus". Première ironie: le salaire de cet avocat risque de coûter plus cher que les sommes qu'il recouvrera. Deuxième ironie: nous savons très bien que ces enquêtes prendront des années, et que les Libéraux feront tout en leur pouvoir pour que les principaux coupables échappent à la justice. D'emblée, on sait que ce sujet chaud sera repoussé après les élections du printemps, histoire de ne pas trop nuire aux chances de Paul Martin de rêgner sur le pays. Autre point oublié du rapport de la vérificatrice: la caisse d'assurance-emploi. Pour la cinquième année consécutive, Sheila Fraser parle d'un détournement des surplus de la caisse, 44 milliards de dollars cette année, et elle indique que le gouvernement ne respecte pas l'esprit de la Loi sur l'assurance-emploi. Quelle est la différence entre ne pas respecter une Loi et ne pas respecter l'esprit d'une Loi? C'est de l'enculage de mouches. Le Parti Libéral est animé par un esprit de fraude. Ces gens devraient, pour la plupart, être emprisonnés. Écoutez une seule émission de J.E. et vous verrez des fraudeurs de bien moindre envergure connaître un châtiment sans commune mesure avec l'impunité de la classe politique.
Quels recours avons-nous? Comment encore faire confiance à ces politiciens qui sont toujours en train de nous râbacher le mauvais état des finances publiques mais qui s'en mettent plein les poches et plein les poches des amis du régime? Nous ne devons pas accepter ça. Il nous faut réagir avec colère. Sinon, ça continuera. Il faut être vraiment naïf pour penser que Paul Martin peut faire le ménage dans cette culture de fraude, culture à laquelle il a largement contribué. Ce n'est sûrement pas la GRC non plus qui pourra attrapper les coupables, puisqu'elle est aussi mêlée à cette fraude.
Une seule solution: le citizen's arrest ou arrestation citoyenne. Il faudrait monter un comité de citoyen-nes qui s'occuperait de mettre Gagliano, Chrétien, Martin, Boudria, Coderre, Robillard et tous les autres ministres qui ont participé à cette fraude en état d'arrestation citoyenne. Rien de moins. Vous savez quand Gagliano mettra les pieds en sol canadien? Contactez-nous, nous nous chargerons de fabriquer un "subpoena du peuple" et de le mettre en état d'arrestation de la part des citoyen-nes du pays qui en ont assez de se faire voler par de très honorables criminels qui bénéficient de l'immunité juridique.
Publié par Bob L'Aboyeur le 11 février 2004 à 09:20 AM
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