Dépendance idéologique au néolibéralisme au Conseil du Trésor : Le danger croit avec l'usage.

Saguenay, le 10 mars 2004. Dans un document interne du Conseil du Trésor, rendu public hier par le journal Le Devoir, la présidente du Conseil du Trésor, se plaint. Contrairement à la situation albertaine, les québécois ne sont pas ´sevrésª de l'État. Pauvre intoxiqués que nous sommes, nous croyons encore que l'État a un rôle à jouer pour assurer le développement économique et social, pour protéger l’environnement et assurer la participation de chacunE à l’enrichissement collectif et à la redistribution de la richesse. La ministre a donc décidé de soigner la mise en marché de ses politiques de démantèlement des fonctions sociales de l’État pour nous aider à nous débarrasser de cette dangereuse dépendance.

´Si la situation n'était pas si tragique pour les plus mal pris d'entre nous, il y aurait de quoi sourire devant ce savant diagnosticª de s'exclamer Pierre Dostie, porte-parole de l'UFP. Il y a par ailleurs de quoi frémir quand la ministre compare l’État québécois à un bloc monolithique, une sorte de matière première sans existence, sans contour ni fini, qu’elle s’apprête à sculpter pour en faire quelque chose. Avant le PLQ l’État n’était rien qu’une masse obèse à laquelle l’artiste donnera enfin une forme. Une métaphore à haute teneur toxique!

´C'est plutôt du coté gouvernemental qu'on observe un phénomène de lourde dépendance à la plus violente des drogues: l'intoxication idéologique néolibéraleª d'ironiser Monsieur Dostie. Madame Jérôme-Forget tente tout simplement de masquer cette réalité derrière une projection du problème sur la population québécoise. Pour M. Dostie, ´la rationalisation ou justification de décisions déjà prises, la négation du rôle de l’État (réingé...nierie) et la projection de ses propres problème sur les autres sont des mécanismes de défense qui accompagnent généralement de tels phénomènes de dépendanceª.

Plus sérieusement, l'UFP est d'avis qu'il faut exiger du Conseil du Trésor, le dépôt immédiat de tous les documents relatifs au projet de réingénierie. ´La plus grande transparence s'impose. D’autant plus que l’opération de la ministre est à haut risque de conflit d’intérêt, en ce qui concerne les entreprises qui ont le mandat de pointer les secteurs à privatiser et pour lesquelles elles pourront elles-même formuler des offres de services. Les citoyens et les citoyennes ont le droit de savoir ce que concocte le gouvernementª de conclure Monsieur Dostie.

Publié par UFP le 10 mars 2004 à 06:51 AM TrackBack Commentaires (3)