![]() |
![]() |
|

La nouvelle constitution provisoire vient d'être acceptée. La pensée n'a pas droit de cité en Irak comme partout où la religion sous l'empire de guides ou de clergés autoproclamés est présente pour sanctionner directement ou indirectement les constitutions, les décrets, le droit et les règlements ainsi que l'ensemble des moeurs. La religion, l'Islam, serait la religion officielle de l'État irakien. Mais voyons, l'Islam n'existe pas. Ce qui existe ce sont des islams tiraillés par les interprétations d'Ayatollah, d'Imans, etc., ou de sectaires regroupés sous le secret. Et il n'y a pas de libertés individuelles sous la tutelle des Islams. Droits et libertés individuelles? Voyons, on se plonge en pleine contradiction.
D'un côté on affirme que chaque personne est souveraine, libre et égale à toutes les autres, et citoyenne d'un État et, de l'autre, cet État existerait sous un autre État, un État islamique. Or, que plusieurs religions puissent coexister sous le parapluie d'un État, c'est reconnaître qu'il y a une rationalité indépendante qui définit des valeurs sous lesquelles tous acceptent de vivre et que cette rationalité ne peut être appropriée par aucun groupe. Mais presque tous les groupes ou communautés clament une vérité qui enveloppe les autres vérités: guerres des dogmes, guerre des vérités (jusqu`à la violence meurtrière ou suicidaire).
L'astuce ici, c'est d'accepter le compromis de la coexistence tout en demeurant foncièrement dogmatique. Ce qui n'engendre qu'une paix temporaire et une profonde hypocrisie sociale: le refus de la liberté de la pensée. Sinon, tous les ayotollahs, imans et autres devraient démissionner et se consacrer, tels des saints, à éduquer à la véritable liberté, celle qui permet de créer sa propre vie, ses propres engagements et négociations pour un vivre-ensemble. Cela ne semble pas être l'horizon du nouvel Irak.
Publié par Hermès le 09 mars 2004 à 01:01 PM
TrackBack
Commentaires (2)