![]() |
![]() |
|

À la veille du dépôt du budget Séguin, la Ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, annonçait hier l'octroi d'une subvention de 656 380$ de nos dollars pour financer le déménagement de l'École de l'Humour, qui se trouve "dans des locaux vétustes". Snif. Si vous ne comprenez pas la subtilité de cette farce de la Ministre, dépêchez-vous, les inscriptions pour la prochaine session de l'École se terminent le 2 avril.
Line Beauchamp se sert de cette annonce pour vanter les bienfaits des partenariats public-privé. Alors que nous débourserons plus d'un demi-million de dollars pour former les futurs porte-parole de Loblaw's, le privé investira pour sa part un gros 125 000$. Pauvre Line Beauchamp, elle ne comprends pas les réticences de la population vis-à-vis la privatisation, parce que s'il est quelque chose que nous n'avons aucun problème à voir entièrement géré par le privé, c'est bien les produits culturels rentables comme ceux des industries Rozon, qui constituent le meilleur exemple de parasitisme qui soit, puisque les coûts de cette entreprise sont publics (c'est nous qui paye) alors que les profits sont privatisés (c'est eux qui récoltent, et beaucoup).
Certains rétorqueront qu'il ne s'agit que d'un petit demi-million de dollars. Ça n'est qu'une partie de l'argent de nos impôts qui va à l'École de l'Humour, puisqu'ils reçoivent aussi des subventions de Développement et Ressources Humaines Canada, et de Patrimoine Canada.
Cette "institution académique" est une école privée, rien de moins. Pour seulement poser sa candidature à l'École de l'Humour, il en coûte 50$ par candidat, comme lors d'un vulgaire concours de talent organisé par Budweiser. Si votre candidature est retenue, il vous en coûtera un autre 50$ pour ouvrir votre dossier. On se sert honteusement des ambitions des jeunes pour faire du fric. Puis, pour être diplômé de cette école, et avoir un humour conforme aux produits de divertissements Rozon inc, il en coûte 7 000$ par élève.
Mais heureusement, comme l'École de l'Humour est reconnue par le Ministère de l'Éducation du Québec, vous pouvez vous endetter auprès du gouvernement avec un prêt étudiant...
Pendant que les écoles publiques sont sous-financées et que les bibliothèques manquent de livre, comment se fait-il que nous subventionnons cette École de l'Humour à même les deniers publics? J'adore l'humour. Par contre, je ne vois pas très bien pourquoi nous devons payer pour "aider" des entreprises privées. Les entreprises Gilbert Rozon n'ont pas besoin de nos impôts pour survivre. Parce que nous finançons en plus le Musée de l'Humour, le Festival Juste pour Rire, et les émissions Rozon qui bénéficient des crédits d'impôts. Assez, c'est assez!
Nos seulement Rozon uniformise l'humour au Québec, mais il sature le marché avec ses "produits". S'il faut encourager l'humour, investissons cet argent dans un autre genre d'humour que ce que produit Rozon, ne serait-ce que pour encourager la compétition. Je pensais que les capitalistes aimaient la compétition.
Publié par Bob L'Aboyeur le 30 mars 2004 à 10:34 PM
TrackBack
Commentaires (8)