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Un vent pancanadien de sympathie s'est levé pour réclamer au gouvernement Martin et à la ministre québécoise de l'Immigration, Michelle Courchesne, le rapatriement de l'Algérien Mohamed Cherfi, expulsé vendredi aux États-Unis. En plus de la quarantaine d'organismes qui ont appuyé ouvertement la cause de M. Cherfi ó dont le Bloc québécois, le Parti québécois et l'Union des forces progressistes ó des centaines de personnes se sont rassemblées à Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Toronto, Ottawa...
Et ce n'est pas fini! Ne manquez pas les nouvelles manifestations d'appui, vendredi le 12 mars 2004 dans plusieurs villes à travers le pays. À Montréal, devant les bureaux d'Immigration Canada (au 1010 St-Antoine O.), à 16h00. À Ottawa, devant les bureaux d'Immigration Canada (au 365 av. Laurier), à 12h00.
Mohamed est détenu au Franklin County Jail (upstate New York). Il est encore possible d'empêcher sa déportation vers l'Algérie.
Vous pouvez avoir encore plus d'information et de moyens de soutenir Mohamed et cette cause urgente en allant sur le site:
http://www.mohamed.levillage.org/.
Je joins ici bas 2 articles parus dans Le Devoir à ce sujet.
»ve Lamont
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La bataille s'organise pour rapatrier Cherfi
Le réfugié algérien arrêté dans une église de Québec est détenu dans une prison américaine
Brian Myles
Édition du lundi 8 mars 2004
Une bataille s'organise pour rapatrier au pays Mohamed Cherfi, un militant pour les droits de la personne qui doit être expulsé en Algérie au péril de sa vie.
M. Cherfi, âgé de 35 ans, est présentement détenu dans une prison américaine dans l'attente de son expulsion vers l'Algérie, son pays d'origine, où il craint de faire l'objet des pires sévices.
Connu pour son implication au sein du comité d'action des sans-statut, à Montréal, M. Cherfi s'était réfugié dans une église de Québec, le 10 février dernier, après avoir épuisé tous ses recours judiciaires dans l'espoir d'éviter l'expulsion. M. Cherfi est arrivé au Canada en 1998, mais sa demande pour obtenir le statut de réfugié a été rejetée. Il n'a pu rester au pays qu'en raison d'un moratoire sur l'expulsion des ressortissants algériens qui a finalement été levé en 2002.
La police de Québec a procédé à l'arrestation de M. Cherfi vendredi midi, à l'église unie Saint-Pierre. Selon le pasteur Gérald Doré, cette arrestation a brisé une tradition séculaire de droit au sanctuaire et constitue ´une première inacceptable dans l'histoire du Canadaª. La police de Québec a arrêté M. Cherfi pour bris de condition (il n'avait pas informé les autorités de son changement d'adresse), mais elle exécutait le mandat sous la gouverne des agents d'Immigration Canada.
Des agents de l'immigration attendaient d'ailleurs M. Cherfi au poste de police. Les accusations portées contre lui ont été retirées, et dans la journée même, sans comparaître devant un juge, M. Cherfi prenait la route des États-Unis, en hurlant tout au long du trajet, a dit sa conjointe, Louise Boivin.
Mme Boivin craint que Mohamed Cherfi ne paie de sa vie un retour en Algérie, un pays où il risque ´d'être harcelé, torturé et même tuéª, selon l'appréciation de la Ligue des droits et libertés. La violence politique continue de faire en moyenne 125 morts par mois en Algérie. Les violations des droits de l'homme (y compris la torture) y sont non seulement persistantes, mais elles bénéficient en plus d'une culture de l'impunité. Plus de 7000 personnes ont ´disparuª dans les dix dernières années, sans compter les 100Ý000 morts qu'a faits la guerre civile.
À titre de porte-parole du comité d'action des sans-statut, Mohamed Cherfi était de tous les rassemblements visant à rétablir le moratoire sur l'expulsion des réfugiés algériens et à régulariser leur statut au Canada. Il a entre autres été arrêté lors des manifestations au bureau montréalais du ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration, et au bureau du ministre fédéral de l'immigration, à Ottawa, où des pistolets électriques avaient été utilisés contre les protestataires.
Un ´abus de droitª
Le comité de solidarité avec Mohamed Cherfi estime que le ressortissant algérien fait l'objet ´d'un abus de droitª, orchestré par les autorités gouvernementales ´afin de faire taire un défenseur des droits de la personneª.
L'organisme ne cesse de récolter des appuis depuis vendredi. La Ligue des droits et libertés, la députée péquiste Agnès Maltais, la députée bloquiste Christiane Gagnon, Amnistie internationale et l'Union des forces progressistes font partie de la vingtaine de personnes ou organismes qui réclament l'annulation immédiate de la procédure d'expulsion entamée contre M. Cherfi. Mme Maltais s'interroge sur le rôle de la police de Québec dans cette affaire, et sur la collusion possible entre Québec et Ottawa pour se débarrasser de M. Cherfi.
Le comité de soutien organisera enfin une conférence de presse, demain à Montréal, pour réclamer des explications aux gouvernements.
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Le mouvement d'appui à Cherfi prend de l'ampleur
À travers le pays, des citoyens manifestent leur opposition au traitement réservé à l'activiste algérien
Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du mercredi 10 mars 2004
Près d'une quarantaine d'organismes, dont le Bloc québécois, le Parti québécois et l'Union des forces progressistes (UFP), ont demandé hier au gouvernement Martin et à la ministre québécoise de l'Immigration, Michelle Courchesne, de faire le nécessaire pour rapatrier l'Algérien Mohamed Cherfi, expulsé vendredi aux États-Unis. Des centaines de personnes se sont joint au mouvement de sympathie en prenant part à des manifestations organisées à Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Toronto, Ottawa, Québec et Montréal.
Selon ces organismes, la Ligue des droits et libertés en tête, l'affaire est urgente puisqu'il en va de la vie même de Mohamed Cherfi. Depuis son arrivée au Canada, il y a six ans, M. Cherfi a en effet milité activement au sein du Comité d'action des sans statut, un regroupement d'Algériens désireux d'obtenir l'asile pour des motifs humanitaires. ´On l'a déporté sans tenir compte des positions publiques que M. Cherfi a prises ici et qui le rendent encore plus vulnérable pour son retour en Algérieª, dénonce Élisabeth Garant, porte-parole sur les questions d'immigration et des réfugiés à la Ligue des droits et libertés.
En 1997, les Algériens ont été protégés de la déportation par un moratoire. En avril 2002 toutefois, les autorités canadiennes ont choisi de lever ce moratoire, une décision à laquelle s'est opposé M. Cherfi, qui a lutté activement pour qu'il soit rétabli. Son combat a été repris hier par les organismes qui l'appuient.
Le militantisme musclé de M. Cherfi n'est d'ailleurs pas étranger à sa déportation rapide croient ceux qui le soutiennent. ´M. Cherfi est identifié comme un militant des droits humains, il a posé des gestes de désobéissance civile pour faire entendre la cause des Algériensª, rappelle Mme Garant, qui pense que le militantisme social n'est pas très prisé au Canada. ´Cela a certainement joué un grand rôle dans l'acharnement du Canada à refuser de reconnaître M. Cherfi comme une personne pouvant bénéficier d'un statut ici.ª
Dégradation des droits et libertés
Qualifiée d'´opération politico-policièreª par la conjointe de Mohamed Cherfi, Louise Boivin, la déportation de l'Algérien a soulevé hier indignation et inquiétude quant à la dégradation des droits et libertés au Canada. ´Nos libertés s'érodent, il y a un dispositif sécuritaire qui se met en placeª, croit Amir Khadir de l'UFP, qui dit craindre une seconde affaire Maher Arar. ´J'ai l'impression que le Canada renonce à notre souveraineté au profit des soucis sécuritaires fallacieux des États-Unis et, ce faisant, il devient complice des procédés de torture.ª
Une idée que la Ligue des droits et libertés a reprise pour dénoncer ce qu'elle a qualifié de dangereux précédent dans la façon dont le Canada respecte certains plans internationaux auxquels il a pourtant adhéré. ´Le Canada a signé la Convention contre la torture qui lui demande de ne jamais déporter quelqu'un dans une situation où il pourrait être soumis à la tortureª, dit Mme Garant.
La porte-parole de la Ligue des droits et libertés a aussi profité de l'événement pour rappeler à la ministre Courchesne un élément de la loi de l'immigration qui prévoit un programme de protection pour les personnes en détresse. ´Elle pourrait reconnaître M. Cherfi comme personne en détresse et le recueillir à cet effetª, a-t-elle proposé.
Interrogée à ce sujet par la députée du Parti québécois dans Prévost, Lucie Papineau, la ministre Courchesne a renvoyé la balle au gouvernement fédéral. ´Le Canada est seul responsable du traitement des demandes d'asile, des recours qui sont accessibles aux personnes dont la demande d'asile est refusée et donc de l'imposition et de la levée de certains moratoires sur les renvoisª, a déclaré la ministre, à l'Assemblée nationale.
Une réponse qui est loin de satisfaire la Ligue des droits et libertés qui croit que le gouvernement québécois aurait dû user de la souplesse que lui confère une entente conclue avec le fédéral dans le cas des dossiers algériens. ´Alors que 92 % des Algériens ont été acceptés, il est aberrant que le leader qui a fait en sorte qu'un programme de protection existe ne le soit pasª, a indiqué Mme Garant.
Rappelons que Mohamed Cherfi a été appréhendé le 5 mars dernier pour bris de condition -- celle de demeurer à la même adresse -- dans une église de Québec où il s'était réfugié depuis le 10 février. La violation d'un sanctuaire religieux, une première dans les annales canadiennes, avait d'ailleurs été largement déplorée par plusieurs organismes.
Quelques minutes plus tard, les autorités remettaient M. Cherfi à trois agents d'Immigration Canada qui l'ont conduit aux États-Unis, à Malone, dans l'État de New York. Selon sa conjointe, il a depuis été transféré à Buffalo d'où il devrait être expulsé sous peu en Algérie.
Publié par Bob L'Aboyeur le 11 mars 2004 à 10:10 AM
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