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Aucun média, à ma connaissance, n'en a fait état, mais à l'heure actuelle, des centaines de jeunes avec enfants et de mères monoparentales sont sans le sou, et sans nouvelle de l'aide financière aux étudesÝ; un fait qui m'a été confirmé tant par le bureau du Premier Ministre que par l'agente de l'AFE du Collège de Sherbrooke ainsi que par le bureau du Protecteur du citoyen.
L'émission des prêts d'été qui leur étaient destinés accuse un retard de près d'un mois et rien n'indique que la situation sera réglée prochainement par le gouvernement Patapoufien qui ne pourrait, à l'heure actuelle, être plus impopulaire qu'il ne l'est déjà.
Petit préambule
Déjà que je trouvais que le Parti Libéral de Jean Charest s'était comporté de façon malhonnête en précisant leur nouvelle politique quant à l'aide financière aux études... Rappelons que cette réforme prévoit moins de bourses et davantage de prêts. À l'époque, le Parti Libéral avait promis que les étudiants et étudiantes se verraient attribuer le même montant auquel ils avaient droit; seulement cela allait être à leurs frais.
Les fédérations étudiantes et certains journalistes ont vivement critiqué cette décision, puisqu'il appert qu'elle se traduira pour certainEs, par une hausse de 72% de leurs dettes d'études. Déjà que ma génération, contrairement à celle de nos parents, ne peut plus légalement déclarer faillite sur une dette d'études, voilà maintenant que le gouvernement Patapoufien nous réservait cette belle surprise.
Le plus beau de l'histoire, c'est de les avoir vu se péter les bretelles que "se faisant, ils n'avaient pas touché au gel des frais de scolarité", ce qui a fait dire à l'opposition officielle que "le gel des frais de scolarité promis par ce gouvernement [était] une arnaque [...]. "
Dans le contexte, le ministre Pierre Reid n'a pas insisté, préférant étouffer le fait qu'encore une fois, ce sont les moins nantis de la société qui se retrouvent à payer la note pour les politiques antisociales du gouvernement Patapoufien, Car - est-ce vraiment nécessaire de le préciser - ce ne sont pas les enfants issus des familles "riches" qui bénéficient du programme d'aide financière aux études...
Mon aventure avec l'aide financière aux études
J'ai effectué un retour aux études il y a un peu plus de deux ans, en travail social. Je suis marié et père d'un enfant de 3 ans et demi, et ma conjointe est elle aussi aux études, en Techniques d'Éducation à l'Enfance.
En avril dernier, comme d'habitude, nous avons rempli nos demandes d'aide financière et posté celles-ci entre le 15 et le 30 avril (impossible d'être plus précis; j'étais à l'époque sans savoir les problèmes qui m'attendaient).
Pour les jeunes familles qui ont des enfants et les mères (ou pères) monoparentales, le gouvernement émet un prêt d'été. Par le passé, nous recevions ce prêt vers le 12 ou le 14 mai, donc lors de l'une des deux semaines précédant la fin des cours. Cela tombait bien car la situation financière des étudiantEs est forcément précaire. Même sans dilapider nos ressources et en suivant notre budget de façon rigoureuse, il nous est impossible de nous prévaloir d'un bas de laine, d'une petite réserve financière en cas de besoin.
L'émission du prêt d'été est donc forcément accueillie avec joie et ce prêt nous permet notamment de payer notre loyer du mois de juin. La somme que nous recevons habituellement ne nous permet pas de passer tout l'été à nous prélasser sous les chauds rayons du soleil mais cette somme d'argent a le mérite de nous fournir un délai, entre la fin des cours et le début de nos emplois d'été. Ma conjointe et moi avons d'ailleurs eu la chance de dégotter des contrats en lien avec nos futurs domaines, mais ils ne débuteront pas avant le mois de juillet. D'où l'importance de recevoir le prêt d'été dès la fin de la session d'hiver.
Une petite parenthèse: Je ne vous raconterai pas ma vie au complet, mais je trouve quand même amusant de spécifier que j'ai déjà eu recours, par le passé, (il y a de nombreuses années de cela), à l'aide sociale, et que même lors de mon "passé de béesse", j'ai toujours été en mesure de payer mon loyer à temps et d'honorer mes dettes (même si ça n'a pas toujours été évident). Me voilà à 27 ans, "sur la bonne track" comme on pourrait dire, en voie de terminer des études qui me passionnent et dans lesquelles j'ai beaucoup de succès; et voilà que mon loyer de juin est à ce jour impayé. Et c'est sans parler des autres dettes courantes, qu'il s'agisse de la facture du CPE, du téléphone ou toutes autres factures, de connection Internet ou encore du journal que je reçois tous les matins (et que j'ai les moyens de payer, en temps normal, avec mon argent de poche). Mon dossier de crédit, même si je m'en crisse un peu, s'en retrouve entâché.
On ne pourra pas me reprocher d'être demeuré stoïque devant ces événements déplaisants et inhabituels. J'ai multiplié les démarches auprès de mme Denise Godin, qui agit à titre d'agente de bureau de l'aide financière aux études au Collège de Sherbrooke. J'ai aussi pillé sur mon orgueil et fait appel au gouvernement Libéral. J'ai tout d'abord contacté le bureau de Pierre Reid, en me disant qu'après tout, le ministre de l'Éducation était la personne à contacter dans ce dossier. Mais les députés et ministres Libéraux en ont tellement sur les bras à l'heure actuelle qu'on m'a vite transféré au bureau de comté de mon député, qui est nul autre que Jean Charest.
Depuis le 24 mai, l'attachée politique du Premier Ministre (Joscelyne Thibault) est sur le dossier. On m'a prétexté que le problème découlait d'un "bug" informatique. Mentionnons que c'est un alibi plus ou moins valable dans mon cas ainsi que dans celui de ma conjointe, puisque nous avons opté pour la formule papier plutôt qu'Internet.
Courtoise et polie, la dame n'a malheureusement pas eu beaucoup de succès au bâton jusqu'à maintenant. Si bien, qu'après 5 appels logés au bureau du Premier Ministre et 3 discussions avec elle, on ne me retournait même plus mes appels. Je me suis donc tourné vers le Protecteur du citoyen, en date du 8 juin. Le 9 juin, mme Diane Dubuc (du bureau du Protecteur du citoyen) m'appelait et prenait en notes les informations pertinentes. Dès le lendemain, elle me rappelait pour m'informer que l'enveloppe de ma conjointe avait été reçue au courant de la première semaine de juin... pourtant postée au mois d'avril!
J'ai déposé une requête afin de récupérer l'enveloppe, puisque l'oblitération des timbres devraient contredire facilement ce mensonge; or, gageons qu'ils ne l'auront pas conservée... même si la loi les y oblige.
Le plus étrange de l'histoire concerne ma propre demande d'aide financière. Selon Mme Dubuc (du Protecteur du citoyen) ma demande d'aide financière n'aurait jamais été reçue par l'aide financière aux études (pourtant postée la même journée que celle de ma conjointe). Ils ne peuvent donc pas prioriser ma demande, puisqu'ils ne l'ont pas reçue! Fait encore plus étrange, ils auraient en leur possession l'annexe de ma conjointe... qui pourtant était dans la même enveloppe que ma demande d'aide financière!
En après-midi, Sylvie Champagne, secrétaire du bureau de comté me rappelait, m'informant que mme Thibault, l'attachée politique de monsieur Charest, était dans l'impossibilité de me rappeler, mais qu'elle travaillait sur le dossier. "ÝCela devrait se régler dans les jours qui viennentÝ" qu'elle m'a dit. Or, c'est ce qu'elle me raconte depuis près de trois semaines...
Depuis, le Collège a réactivé en vitesse son fond de dépannage (qui ne devait plus exister, suite à la réforme du ministre Reid). Or, le 400,00$ offert, bien qu'apprécié, ne suffit même pas à payer mon loyer... D'où l'urgence pour le Parti Libéral d'agir dans cette histoire qui me semble totalement inacceptable.
Publié par Sébastien Aubé le 10 juin 2004 à 05:50 PM
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