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La surmédiatisation de l'affaire Julie Bureau ou l'art de rendre public un dossier qui ne nous regarde pas.
L'information, le sensationnalisme, le "human touch", la désinformation, le spectacle et le ridicule. C'est encore pire l'été, alors que les ténors et les bonzes sont en vacances. Pour faire une bonne recette de choux gras, un cas comme la réapparition de Julie Bureau, cette adolescente disparue depuis trois ans, est un ingrédient inestimable.
Des p'tites nouvelles pour un p'tit peuple. Et je ne dis pas ici que cette "nouvelle" n'est pas importante, mais plutôt qu'elle ne devrait pas occuper une place aussi démesurée dans les médias. Au téléjournal, dans le journal, sur Internet, à la radio... les avantages pratiques de la convergence, quoi! Servir du réchauffé, c'est toujours chaud.
Cette histoire de famille, de peine et d'inquiétude ne nous regarde pas. Il n'est pas de notoriété publique de vivre ces moments personnels avec les principaux concernés. Il est encore moins approprié pour un journaliste de sermonner la jeune fille et de la sommer de rentrer au bercail! Non, mais!
Et que penser de cette intervenante qui annonce publiquement que l'adolescente se porte bien, ne consomme aucune drogue, ne se prostitue pas, ne danse pas nue.... Est-il de son ressort de nous livrer les états d'âme d'une adolescente qui n'a jamais demandé à se trouver au coeur de tout ce remous médiatique?
Vraiment, cette histoire m'horripile. "C'est ce que les gens veulent entendre, ils veulent savoir!" entend-on. Si l'on arrêtait de prendre les gens pour des imbéciles et qu'on leur présentait l'information comme elle devrait être : juste, objective et d'intérêt public, peut-être qu'ils seraient plus nombreux à décrier cette forme de sensationnalisme qui a pour vil but d'augmenter les cotes d'écoute et le lectorat.
Publié par Gab Gobepas le 21 juillet 2004 à 10:02 AM
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