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Suite aux commentaires que j'ai reçus en réaction à mon texte Plaidoyer pour Bush, j'ai été amenée à réfléchir sur la tendance que nous avons à diaboliser cette administration. Ironique quand c'est exactement l'une des choses que nous leur reprochons vis-à-vis du monde arabo-musulman.
Cette tendance à départager le monde en 2 camps (les pro-Bush et les anti-Bush) nuit à l'objectivité et empêche toute subtilité dans l'analyse dans une situation qui est pourtant particulièrement complexe.
Je vais mettre tout de suite les choses au point et annoncer mes couleurs: je ne suis absolument pas d'accord avec la manière dont l'administration Bush agit depuis qu'elle est au pouvoir. J'étais parmi les 200,000 manifestants anti-guerre à Berlin le 15 février 2003 et j'ai participé à celles qui se sont tenues à Hambourg où j'habite.
Comme chez beaucoup de gens, le 11 septembre a provoqué en moi une réaction mitigée: je plaignais l'Amérique et ses victimes tout en me disant que ce n'était guère surprenant vu la politique étrangère qu'ils mènent et ce, depuis bien avant l'administration Bush. Ces événements ont eu un effet inattendu sur moi: étant loin des miens, je me suis sentie encore plus isolée parmi ces européens habitués au terrorisme et qui se sont vite remis du choc. De plus, comme mon allemand est des plus rudimentaire, il m'était difficile de suivre l'actualité de la manière dont j'étais habituée, c'est-à-dire la télé. Pour calmer ma panique, j'avais besoin de comprendre et je me suis donc tournée vers les journaux et les autres médias disponibles sur Internet.
Un monde aux arcanes mystérieuses et compliquées s'est ouvert à moi. Plus je lisais, regardais et écoutais, plus je découvrais que rien n'est aussi simple qu'il n'y parait. Jusqu'ici, je n'avais suivi les actualités qu'en téléspectatrice distraite par ses petits problèmes quotidiens; après le 11 septembre, je suis devenue une passionnée de la géopolitique. Mordue dès le début de mes recherches, j'ai commencé à consulter des sources différentes, qu'elles soient européennes, canadiennes ou alternatives venant de divers horizons et ce, afin d'obtenir un éventail le plus large possible de points de vue. J'ai aussi discuté avec mes collègues et amis dont plusieurs sont d'origine étrangère (syrienne, hindoue, russe, etc).
Ce qui m'a surpris le plus, c'est de me rendre compte que, s'il est facile de pointer les Américains du doigt comme étant les principaux responsables du chaos actuel, beaucoup de pays y ont participé en sous-main. Et je ne parle pas uniquement des "fameux alliés" de la guerre d'Irak! Je pourrais citer ici la France dont tout le monde (moi la première!) a applaudi le positionnement à l'ONU et qui a longuement entrenu de bonnes relations avec Saddam et qui lui a vendu de l'armement, tout comme l'Allemagne d'ailleurs. Dites-vous bien que derrière les belles paroles pacifistes de Dominique de Villepin à l'ONU se cachaient aussi des impératifs purement économiques: Total Fina Elf, la multinationale pétrolière française avait peur de voir les contrats qu'elle avait signés avec Saddam devenir caducs si celui-ci était détrôné.
De même, l'attitude longuement ambigüe de Canada signifie peut-être un "patinage de fantaisie" pour brouiller les cartes d'une réalité très éloignée de l'interprétation officielle. Cela n'est pas sans rappeller notre position face à la guerre du Vietnam, ce qui soulève des doutes quant à notre implication effective. (Sur ce sujet, voir le dossier interactif de Radio-Canada intitulé Le Canada et la guerre du Vietnam: drôle de diplomatie" et en particulier Publié par Arwenwitch le 24 juillet 2004 à 11:21 AM
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